jeudi, mars 02, 2017

Le rêve dans le pavillon rouge

Enfin, fini de lire le roman fleuve (enfin, la traduction) de Cao Xueqin, considéré par beaucoup comme étant le summum de la littérature classique chinoise. À la fois roman d'amour, chronique familiale, critique sociale et politique, et encyclopédie de la culture et de la vie courante d'une grande famille à l'époque féodale, en particulier du point de vue des femmes, c'est un sacré pavé (3000 pages imprimé petit), qu'il faut prendre doucement.

L'histoire retrace la jeunesse de Jia Baoyu, jeune homme né au sein d'une grande famille ducale, qui passe son adolescence à s'amuser auprès de ses sœurs, demi-sœurs, cousines, tantes, servantes et autres au sein du gynécée du palais familial. Il montre peu d'intérêt pour l'étude des classiques, au grand dam de son père qui voudrait le voir suivre une grande carrière politique.

Après un début passée dans le luxe et l'insouciance, à écrire de la poésie ou participer à différentes fêtes ou beuveries, les personnages sont confrontés à la disgrâce et à la chute de la famille, qui sera brutale et aura des conséquences dramatiques. Jia Baoyu est amoureux de sa cousine la sœurette Lin, jeune femme fragile et maladive mais fière et indépendante, qui mourra de chagrin quand il sera forcé par sa famille à épouser sa cousine Xue, idéal de la femme féodale, mais pour laquelle il éprouve peu de sentiments.

Derrière une histoire d'amour contrarié pas complètement originale et d'un récit cadre (qui installe l'histoire dans un contexte cosmique, dans laquelle la sœurette Lin est la réincarnation d'une fleur, qui paye en larmes dans sa vie humaine sa dette à l'égard d'un Dieu incarné en Jia Baoyu) qui me laisse plutôt froid, je trouve en revanche la description minutieuse de la vie de ces personnages absolument fascinante. Chaque personnage, bien campé, suit un arc narratif qui lui est propre et qui le rend terriblement humain. Ambition, cupidité, luxure, jalousie, mais aussi amour, sens du devoir, honnêteté, recherche d'un idéal, tout cela s'entrechoque et provoque des crises au sein et en dehors de la famille. Personne n'en sort indemne, et surtout pas le lecteur, qui trouvera que Cao Xueqin s'acharne un petit peu sur ses personnages.

L'on aura surtout beaucoup appris sur la culture chinoise et les coutumes de l'époque, la poésie, la politique, les jeux à boire, l'incurie des domestiques et la corruption des maîtres, et la condition terrible de la femme. À lire pour quiconque s'intéresse à la Chine.

jeudi, janvier 12, 2017

Bouquins

Le père Noël m'a apporté plusieurs bouquins que je dévore à toute vitesse. Parlons-en un petit peu.

Tout d'abord, j'ai lu l'hyper classique "Comment se faire des amis" de Dale Carnegie. Depuis le temps que j'en avait entendu parler, je me suis dit qu'il fallait que je le lise. Très résumé, cela revient à dire que l'on a plus de chances d'obtenir ce que l'on souhaite en étant un peu sympa et avenant. Ce n'est donc pas révolutionnaire, mais une petite piqûre de rappel est toujours une bonne chose, ça se lit très bien, et les anecdotes sont plaisantes.

Dans un tout autre registre, j'ai lu "Genome" de Matt Ridley. Chacun des 23 chapitres s'intéresse à un gène sur l'un des 23 chromosomes, et à travers ce gène, explore un thème lié à la génétique, que ce soit l'histoire de la génétique, l'histoire de la découverte d'une maladie génétique en particulier, l'ADN non codant, la "guerre" des gènes, l'évolution humaine, le cancer... C'est absolument passionnant.

Enfin, j'ai commencé "The Player of Games" de Ian Banks, roman de science fiction, un peu space opera, avec de bonnes idées, même si sa structure est classique et son écriture fait penser à un scénario de film. En tous cas, cela se lit très bien, et j'ai hâte de lire la suite.

En sous-main, j'ai "How Google works", écrit (?) par les dirigeants de Google. Je ne me suis pas précipité dessus, avec ce genre de bouquin il y a souvent risque d'enfoncer des portes ouvertes ou de sombrer dans l’auto-congratulation. Nous verrons s'il y a des choses intéressantes à en tirer.

Bisous !

jeudi, décembre 29, 2016

Langouste

La salade de langouste, c'est plutôt sympa et plutôt goûtu !

mardi, novembre 15, 2016

Connaissez vous "Raconte moi des histoires" ?

C'était une série d'histoires sur cassettes audio, il y a de cela bien longtemps, mélanges de contes traditionnels de différentes cultures, d'histoires de tous les jours, et même de la science fiction (ah, Rodolphe et ses fromages de lune!), qui ont bercé mon enfance. Eh bien, grâce à la magie d'Internet, on retrouve tout, et en particulier qui étaient donc les auteurs des histoires et de la musique. Le générique, en particulier, petit bijou de musique électronique, s'appelle "Children's Carnival", et s'écoute ici:

vendredi, novembre 04, 2016

Aptonyme

L'aptonyme de la semaine dans le Guardian:

Conservative peer Lady Patience Wheatcroft told BBC Radio 4’s Today programme it would be impossible to trigger article 50 by the end of March

vendredi, septembre 02, 2016

Muffins chocolat framboise

Les muffins, c'est bon! Continuant à explorer un bouquin de recettes de cuisines pour enfants, j'ai trouvé une recette rudement simple et apparemment très traditionnelle de muffins. En fait de matières grasses, il n'y a que du lait et deux cuillères d'huile, donc surtout, ne pas se priver ! Les pépites sont à la limite de brûler sur le dessus, et le papier colle franchement au gâteau, mais c'est extrêmement bon. À noter que la recette originale proposait de couvrir le muffin avec des graines et des céréales avant de le cuire, ce qui protège peut-être le chocolat. À noter aussi que la recette originale suggérait le chocolat blanc (pauvres gens !), que j'ai remplacé avec du chocolat noir intense.

Cela a relancé mon intérêt vers ce type de pâtisserie, qui possède les mêmes avantages que les cupcakes (rigolo et facile à faire avec les enfants, pratique à manger) sans les inconvénients (les cupcakes, c'est quand même franchement pas bon). Il y aura d'autres tentatives !

dimanche, juillet 03, 2016

Biscuits

Parlons d'une autre expérience culinaire, il y a de cela quelques semaines : toujours tiré du bouquin de recettes pour enfants dont je parlais dans le post précédent, cette recette de biscuits. Sur les ingrédients, rien de bien extraordinaire, l'on parle de sucre, de beurre, d'oeufs et de farine, mais j'ai trouvé la manière de modeler les biscuits très intéressante.

En effet, quand la pâte est prête, plutôt que de l'étaler et de découper les biscuits à l'emporte pièce, l'on doit en mouler un boudin, l'emballer dans du film alimentaire, et le mettre au frigo. Quand il est bien ferme, l'on en découpe des tranches, comme un saucisson, que l'on peut ensuite décorer puis mettre au four.

Cela donne des formes très régulières, et a l'avantage que l'on ne perd pas le tiers de la pâte en chutes après avoir découpé ses rondelles, lesquelles chutes ne se recollent pas bien car pleines de farine.

Après recherche, il semble que ça soit la technique du palet breton. Peut-être pour la prochaine fois?

Pizaaaaaa!

J'avais pourtant entendu dire que les pizzas maisons, c'était bof, mais un excellent bouquin de recettes pour enfants que la demoiselle avait reçu pour son anniversaire semblait dire le contraire. Sur le principe, c'est tout bête: pâte à pain, sauce tomates, cuisson à température élevée.

Le résultat n'a rien d'une pizza italienne cuite sur feu de bois, mais c'est quand même très bon. La sauce tomate est faite à partir de tomates fraiches revenues dans un peu d'huile, puis réduites. Pour le fromage, j'ai fait une tentative avec du comté (délicieux!), et avec de la mozzarella (absolument divin!), mais de la vraie, hein, pas cette horreur caoutchouteuse vendue sous le nom de mozzarella à pizza.

Je n'ai pas trop écrasé la pâte au moment d'aplatir, ce qui a donné une pâte plutôt épaisse et moelleuse, ce qui est probablement le bon choix, une pâte très fine aurait risqué de se transformer en un solide et pas très digeste biscuit

Certes, il faut s'y prendre un peu à l'avance, entre la levée de la pâte et la cuisson de la sauce, mais c'est une excellente manière d'occuper la jeune génération lors d'un matin pluvieux.

La qualité des photos n'est vraiment pas top car prises avec mon téléphone dans de mauvaises conditions de luminosité, mais cela vous donnera une idée de la chose.

lundi, juin 13, 2016

Encore plus d'épeautre

De nouvelles expérimentations avec l'épeautre, en la personne de ces petits pains au lait à la farine d'épeautre, avec du lait, donc, du miel, de l'huile d'olive, et des pépites de chocolat. La recette vient du site de SuperToinette, j'y ai rajouté les pépites, et utilisé de la farine complète.

Comme d'habitude, le pain est un peu compact, mais le lait et l'huile l'empêchent de trop sécher, et c'est donc encore très bon le lendemain.

lundi, mai 02, 2016

Un week-end de farines alternatives

Ce (long) week-end fut l'occasion de s'amuser un peu avec autre chose que de la farine blanche et de travailler avec de la farine complète et de l'épeautre.

Je ne connaissais pas l'épeautre avant avant de la retrouver un peu partout chez nos amis grands bretons sous le nom de "spelt", dans les pâtes et le pain. La page Wikipedia est tout à fait passionnante : cette céréale rustique à bas rendement pousse bien sur des terrains pauvres et secs, et ne réagit pas aux engrais azotés. Moi, le rustique, ça m'excite, alors j'ai acheté de la farine d'épeautre et j'ai tenté de faire des trucs avec.

Samedi, crackers à l'épeautre, avec farine, huile d'olive, eau, sel et levure chimique. C'est bon, mais très cassant, ce qui est probablement parce que mes proportions sont mauvaises. Je réessayerai en utilisant ma recette de pâte à quiche.

Dimanche, crêpes au blé complet. Voilà une découverte ! La pâte à crêpes n'est pas très ragoutante, avec les petits bouts de foin qui flottent, mais une fois cuit, c'est joli, et tres bon. On ne retrouve pas le goût un peu fort qu'on parfois les pains complets, c'est vraiment très agréable. À refaire!

Lundi (férié, jour du travail, et donc idéal pour travailler la pâte), pain à l'épeautre. J'ai trouvé une recette qui propose de mélanger 300g de farine d'épeautre avec 100g de farine de blé. Sur le principe, c'est pas mal, mais ma cuisson n'est toujours pas au point, et mes pains sont bien durs, même avec un coup de buée. La prochaine fois, j'essaie de faire des pains au lait, et je vais bien entendu maintenir mon lectorat au jus.

dimanche, avril 24, 2016

Préparation d'un gateau d'anniversaire - Génoise nappage chocolat

Eh oui, c'est de nouveau la tempête sous un crâne pour trouver une idée de gâteau pour un 4ème anniversaire. L'astuce, c'est que non seulement il faut contenter la demoiselle en question, mais également 25 petits camarades. Et peut-être bien leurs parents. Alors, on fait craquer les phalanges, et c'est parti!

Histoire de faire couleur locale, mon idée de départ est de partir des épouvantables "sponge cake" britanniques recouverts d'une épaisse couche de glaçage écœurant (ce qui n'est absolument pas un jugement sur le travail de décoration, généralement très impressionnant), et d'en faire quelque chose d'un peu plus tricolore (insérer cris de gallinacés). Partons donc sur une génoise et recouvrons-la de chocolat et d'une jolie déco.

La génoise de base, c'est des oeufs (beaucoup), du sucre, et de la farine. La recette que j'ai trouvée rajoute un peu de beurre. Le truc, c'est de bien battre les oeufs et le sucre au batteur électrique pour obtenir la structure aérée, mais manifestement cela demande un coup de main: ma première tentative était un poil trop compacte:

J'ai donc repris la recette et ajouté de la levure chimique, et le résultat fut bien plus probant après avoir ajusté le temps de cuisson. Pour le nappage, je cède, et utilise du chocolat au lait bien malgré moi, mais ils sont 25 et je suis seul. La recette de nappage de ma tante Colette consiste à faire fondre le chocolat avec de la crème pour rendre le mélange onctueux, et l'utiliser pour coller les gâteaux ensemble lorsque l'on fait des étages, puis à ajouter du beurre pour lui rendre le la consistance pour le nappage lui même. J'ai eu du bol et je suis tombé sur les bonnes proportions dès ma première tentative. Un peu de déco, et mon gateau test était prêt (l'appareil photo nettement moins, désolé pour le flou artistique) :

Voilà donc mon plan de recette. L'avant veille, faire cuire 2 génoises, une large et une étroite (mêmes proportions, l'étroite est plus haute). La recette pour une génoise:

  • 170g de sucre
  • 6 oeufs
  • 2cc de levure chimique
  • 200g farine
  • 60g beurre fondu
  • Battre le sucre et les œufs au batteur électrique pour bien faire mousser
  • Ajouter la levure chimique, puis la farine tamisée, incorporer doucement pour éviter de trop casser les bulles
  • Ajouter le beurre fondu
  • Faire cuire à 200°C pendant 25 minutes dans un grand moule, ou 30 minutes dans un petit moule

La veille, préparer le nappage en faisant fondre 1 plaque de 150g de chocolat au lait avec 50g de crème et 50g de beurre. Découper le haut du gros gâteau pour pouvoir y placer le petit, les coller ensemble avec du chocolat ou de la confiture. Éventuellement, couper chaque gâteau horizontalement pour le fourrer à la confiture. Puis, napper le tout, décorer, laisser au frigo pendant la nuit.

Et le grand jour, bien enrouler le gâteau dans du film alimentaire pour ne pas qu'il s'abîme pendant le trajet.

dimanche, avril 10, 2016

Un pain en forme de tortue

Retour aux sources, et retour à la confection du pain. Recette ultra-classique, 500g de farine à pain, 8g de sel, 150ml d'eau tiède pour réactiver la levure, et 100 à 150 ml d'eau supplémentaire pour atteindre la bonne consistance pour la pâte. On fait lever 3 heures, puis on pétrit les tortues, on laisse lever 30 minutes supplémentaires, et au four! Cette fois-ci, j'ai tenté 10 minutes à 240° avec un coup de buée, puis réduction à 175° pendant 30 minutes.

Le résultat est fort joli, mais pas particulièrement intéressant au niveau du goût. Avec juste cette farine blanche, c'est vraiment le plus ennuyeux des pains. Peut-être mélanger avec de la farine complète, ou de l'épeautre?

dimanche, mars 20, 2016

La pâte à crèpes

Un plat aussi basique que des crèpes, et je me prends quand même le chou sur la recette? C'est que, dans ce bas monde, rien n'est simple. Avec ou sans beurre? Avec ou sans levure? Avec temps de repos ou pas? À passer au tamis pour se débarrasser des grumeaux? Alors voici celle que j'utilise maintenant, qui a l'avantage de n'utiliser que des ingrédients simples, de ne pas faire (trop) de grumeaux, et d'être sans beurre (mes ancêtres normands frémissent à ces mots sacrilèges, mais mes pauvres artères me remercient).

Il faut donc:

  • 250g de farine
  • 1/2l de lait
  • 3 oeufs
  • 3 cuillères à soupe d'huile
  • 1 pincée de sel

Mettre la farine dans un saladier, et faire un puits. Casser les oeufs dans le puits, et ajouter une pincée de sel. Commencer à remuer au fouet, bien au centre, pour incorporer la farine tout doucement et ainsi éviter les grumeaux. Rajouter le lait au fur et à mesure que le mélange devient plus ferme, toujours en incorporant tout doucement la farine des bords du saladier. Lorsque tout est incorporé, finir d'ajouter le lait, puis ajouter l'huile et battre vivement pour tout bien mélanger et éliminer les derniers grumeaux. Faire reposer, si l'on a envie, quelques heures au réfrigérateur.

mercredi, mars 09, 2016

La recette du gâteau à la banane

Nous avons fait un beau gâteau à la banane, le week-end dernier, pour la fête des mères (c'est le 6 Mars au Royaume-Uni, qui ne fait rien comme tout le monde). J'aime bien cette recette, très légère, sans beurre ni lait, ce qui donne un goût plus proche du pain sucré.

  • 100g sucre
  • 2 œufs
  • 6 cuillères à soupe d'huile
  • 2 cuillères à café d'extrait de vanille
  • 2 cuillères à soupe de levure chimique
  • 220g de farine
  • 3 bananes bien mûres
  • amandes effilées

Faire préchauffer le four à 170°C.

Battre les œufs avec le sucre, incorporer l'huile, puis la vanille, puis la levure chimique, puis la farine en la passant dans un tamis.

Séparément, écraser les 3 bananes, puis les ajouter à la pâte, puis y ajouter les amandes.

Verser la pâte dans un moule à cake (latex, ou alors il faudra le huiler!), et faire cuire pendant 1 heure.

samedi, janvier 16, 2016

Illusions auditives

Je vous renvoie de ce pas à une des dernières vidéos d'e-penser, chaîne Youtube de vulgarisation scientifique, sur les illusions auditives.

En plus du fond scientifique tout à fait passionnant, ce fut une des plus grandes crises de fou-rire que j'ai eu l'occasion d'avoir ces derniers temps, lorsque Bruce démontre que l'on peut tromper le cerveau sur ce qu'il entend lorsque l'on voit quelque chose écrit de vaguement approchant.

samedi, janvier 09, 2016

Bredele

Et un petit post bien en retard pour vous parler de mes biscuits de Noël (certes, en Janvier, ça fait un peu réchauffé, mais mieux vaut tard que jamais). À la mi-Décembre, je me suis donc dirigé vers bredele.fr, et j'ai choisi de faire les biscuits suivants:

Les biscuits au miel

Voilà des biscuits qui sont bons! Simplissimes à faire, c'est une bête pâte à biscuits, avec une partie du sucre remplacée par du miel. Ça se cuit comme un cookie, en mettant une boule de pâte sur la plaque, qui ramollit et se transforme en beau biscuit rond à la cuisson. Qu'est-ce que c'est bon! Le goût de miel est assez subtil, donc ne pas hésiter à avoir la main lourde.

Les vanille kipferl

Ces petits biscuits en forme de lune, recouverts de sucre glace, sont absolument délicieux, mais j'ai eu quelques soucis avec la pâte, qui est trop cassante une fois cuite. Il fallait donc manipuler les biscuits avec une délicatesse extrême si l'on ne veut pas se retrouver avec de la poudre de kipferl.

Les Schwowebredele

Les Schwowebredele, ou sablés souabes, sont on ne peut plus classiques. C'est une pâte sablée, avec de la poudre d'amandes, parce que les amandes, c'est bon. La consistance de la pâte m'inquiétait, mais après un bon coup de réfrigérateur, elle s'est très bien étalée, et a accepté de se faire découper à l'emporte-pièce sans difficulté particulière.

samedi, janvier 02, 2016

Un réveillon de nouvel an simple et délicieux

Pas de chichis pour le nouvel an, on fait dans les valeurs sûres ! Voici tout d'abord mon entrée, une petite salade de crevettes, avocats et cœurs d'artichauts à l'huile. Sel, poivre, et c'est tout bon.

L'on pourrait améliorer la chose avec de la mayonnaise, par exemple, et superposer artistiquement le mélange mayonnaise crevette artichaut sur un demi-avocat.

Ensuite, plat de résistance ! Un beau canard me faisait de l’œil dans une aile de supermarché, je collais la bête dans le four pendant 90 minutes, et accompagnais l'oiseau d'une purée maison (un peu de beurre, un peu de lait, un peu d'huile de coude pour écraser le tout à la fourchette), de pousses d'épinard frais revenues dans un peu d'huile, et d'une fricassée de champignons à l'origan.

Après un petit morceau de comté arrosé d'une bouteille de Haut-Médoc, nous passâmes aux choses sérieuses avec un quatre quart aux pommes. J'ai ajusté la recette pour diminuer légèrement le beurre et le sucre et augmenter la farine. Accompagné de myrtilles et de cerises, c'était tout à fait agréable.

Bonne année 2016 à tous!

mercredi, décembre 02, 2015

Quiche sans beurre

Parce que le beurre, c'est quand même pas top pour les artères, j'avais arrêté de faire des quiches. C'était jusqu'à ce que l'on me recommande d'essayer la pâte à l'huile d'olive. Eh bien, c'est fort bon, bien plus diététique, et en plus c'est facile à faire!

Je donne rapidement la recette: dans un saladier, mettre 250g de farine, faire un puits, y mettre une grosse pincée de sel, 40ml d'huile d'olive, et un oeuf. Travailler la pâte à la main, en y ajoutant petit à petit entre 4 et 8 cuillères à soupe d'eau, jusqu'à former une boule compacte qui ne colle pas. Les puristes recommandent de mettre la boule de pâte 1/2 heure, voire tout une nuit au frigo, mais moi je l'étale tout de suite, je la mets dans un moule huilé, pique le fond avec une fourchette, et la fait précuire à four chaud pendant 20 minutes à 180°. Il suffit ensuite de la remplir avec ce qu'on veut, la couvrir d'un appareil fait avec 2 ou 3 jaunes d'oeuf et du lait, et faire cuire le tout à la même température entre 20 et 40 minutes.

L'on remarquera 2 choses: d'une part, je trouve cette pâte beaucoup plus facile à travailler que la pâte brisée traditionnelle. Avec ma pâte au beurre, je détruisais systématiquement la pauvre boule de pâte au moment de l'aplatir avec le rouleau, et j'en étais réduit à faire du patchwork pour faire mon fond de quiche. Avec celle là, l'on retrouve un petit peu la sensation de la pâte à pizza, c'est très élastique, et cela s'aplatit et s'attrape sans problèmes. D'autre part, la pâte a tendance à rétrécir lors de la pré-cuisson. et se détache des bords. Ce n'est pas grave en soit, mais cela veut dire que si le haut est un peu dentelé, l'appareil peut déborder et remplir les côtés de la quiche.

Mais trêves de plaisanteries, voici les photos de ma quiche à la ratatouille avec pâte brisée à l'huile d'olive!

jeudi, septembre 10, 2015

Il aurait été opportun que nous sortissions nos doigts...

En grand fan d'expressions, disons, imagées, je cherche parfois leur sens ou leurs origines sur Expressio ou le Wiktionnaire.

C'est donc en connaisseur que j'ai admiré la page du Wiktionnaire sur "se sortir les doigts du cul", qui donne en exemple, après avoir indiqué que l'expression se conjugue, "Sortons-nous les doigts du cul pour compléter ce Wiktionnaire".

Bel exemple de récursivité et de "self awareness", comme disent les grands bretons.

lundi, août 24, 2015

Richmond Park

Le parc de Richmond respire le mystère, avec ses forêts, ses grandes étendues de fougères aussi hautes qu'un homme, et ses plaines parsemées d'arbres. Pour ajouter au frisson, des panneaux rappellent un peu partout que 600 cerfs et biches se promènent dans le parc, et l'on se demande toujours si l'on ne va pas tomber sur un troupeau en furie derrière le prochain buisson.

Samedi dernier, nous avons vu une biche passer à 20 mètres devant nous, traverser la route précautionneusement, et repartir en courant de l'autre côté. Trop vite pour avoir le temps de prendre une photo...

mardi, août 04, 2015

Les chats et Internet

Burce d'e-penser donne une explication de la quantité d'images et de vidéos de chats qui circulent sur le grand Ternet. Surprenant!

mercredi, juillet 15, 2015

Tout savoir sur les Chattes

Ma petite chatte! Un nom pas très viril pour un barbare? Et pourtant, les Chattes étaient un fier peuple germanique, nous apprend Wikipédia. En particulier, on retiendra que "les Bataves seraient un rameau issu des Chattes" (!), que "L'empereur Domitien (81 – 96 après J.–C.) affronta encore les Chattes" (!!), que "les Chattes se laissaient pousser la barbe et les cheveux et portaient un anneau de fer" (!!!), et j'en passe et des meilleures.

À noter que bien d'autres peuples germaniques de l'époque avaient des noms pas piqués des hannetons: nommons les Frisons et les Chauques, les Usipètes et les Chamaves, les Bructères et les Némètes, qu'il ne faut surtout pas confondre avec les les Suèves du Neckar (tandis que mon correcteur orthographique pète un plomb).

jeudi, juin 18, 2015

La comtesse est très en forme dans le canard enchaîné de la semaine dernière, avec ce qui est certainement la contrepèterie du mois:

J'ai envie de circuler dans un tank

lundi, mai 04, 2015

En Chine - Lait frit

Voilà le "lait frit". En fait, des beignets fait à partir une espèce de pâte un peu épaisse, probablement composée de lait, d’œufs, de farine et de sucre. C'est donc surtout du gras et du sucre, et j'adore. J'en ai mangé de grandes quantités, et je me suis senti franchement lourd après le repas, mais je n'ai aucun regret.

samedi, avril 11, 2015

En Chine - Un menu

Vu dans le menu d'un restaurant plutôt chic. Ils ne m'ont pas laissé en prendre, je ne saurais donc pas vous dire quel goût ça a. La prochaine fois, peut-être!

dimanche, mars 29, 2015

En Chine - Dessert fusion

Voici un dessert qu'il était bon! Je m'en pourlèche encore. Plutôt que d'avoir à choisir, le resto du Hyatt de Shanghai propose une sélection de leurs desserts "à la chinoise". Ils l'apportent tout fumant sur la table. C'est beau, et c'est bon.

Les glaces sont exactement ce qu'elles disent: la glace au riz fermentée a un goût rappelant l'alcool de riz, tandis que la glace au sésame est, sans aucun doute, au sésame. Il y a une petite crème sous coulis de fruits de la passion, des petits calissons de pâte de riz, une tartelette aux œufs avec des fruits, une salade de fruits incluant du pitaya, et des petits choux au sésame. Le tout est frais et varié, inhabituel mais agréable. Voilà quelque chose qui aura assouvi ma soif de bons desserts.

lundi, mars 23, 2015

En Chine - Le concombre de mer

Autre aventure gastronomique, le concombre de mer. Cet animal, répondant au doux nom d'Holothurie, est une bizarrerie biologique, avec un physique très ingrat. Leur forme évocatrice alimente de supposées vertus aphrodisiaques, ce que votre serviteur n'a pas particulièrement remarqué. Certaines espèces sont même munies de dents anales!

La chose se mange donc, en ragout, et a une consistance légèrement ferme, qui rappelle de manière générale les fruits de mer. Le goût n'est pas particulièrement prononcé.

Riches en protéines et pauvres en graisse et en sucre (pas étonnant, avec ce qu'ils mangent au fond de l'eau...), c'est une nourriture plutôt saine!

mercredi, mars 11, 2015

En Chine - La tortue

Retour de Chine. J'ai fort bien mangé, en particulier des choses que je n'avais pas goûté auparavant. Première découverte culinaire, la tortue, ici au premier plan:

Alors, ce n'est pas de la tortue de Floride: l'espèce qui se mange est la Trionychidae, reconnaissable à sa carapace molle et à sa petite trompe. Wikipedia nous dit qu'elle est particulièrement agressive, sa carapace molle ne lui permettant pas de se défendre efficacement de manière passive contre les prédateurs. L'on apprend aussi que ces tortues se sont vendues très cher, jusqu'à ce que l'élevage intensif ramène les prix à des niveaux plus abordables.

Ça se fait donc en ragout, et présente cet aspect assez gélatineux. Question goût, j'ai surtout senti les épices du plat. Peut-être qu'une cuisson différente serait plus goûtue?

dimanche, novembre 16, 2014

Encore du clafoutis

Ça commence à rentrer! Je suis assez satisfait de mon 3ème clafoutis. J'ai fait mon 2ème avec des groseilles à maquereau et des clémentines, et le 3ème avec des clémentines et des pommes. Manifestement, plus on met de fruits, moins il gonfle, et donc plus il a une bonne tête à la sortie du four.

Finalement, le gros avantage du clafoutis, c'est la simplicité. Ça permet d'écouler son stock d'œufs, on peut mettre à peu près n'importe quel fruit dedans, il n'y a pas de fond de tarte à gérer, pas d'œufs à battre. On mélange simplement les ingrédients un par un, et c'est bon, et beau à regarder.

La prochaine fois, peut-être un clafoutis avec seulement des pommes?

mardi, octobre 21, 2014

Clafoutis aux groseilles à maquereau

Que faire avec des groseilles à maquereau? Un clafoutis, par exemple! J'ai pris la recette de Chef Simon, en particulier parce que contrairement à plusieurs autres recettes, elle n'utilise que des œufs entiers, et que je n'ai pas envie de me retrouver avec des blancs sur les bras (les meringues, ça va un moment).

Comme tout gâteau qui se respecte, mon clafoutis n'a pas voulu cuire. Je pense que c'est parce que les groseilles à maquereau ont une peau plus fine que les cerises, et qu'elle éclate pendant la cuisson, détrempant l'appareil. Après être resté au four pendant 75 minutes au lieu des 45 recommandés, mon clafoutis avait l'air mangeable. Au final, c'était fort bon, gentiment caramélisé, et se démoulant avec facilité. Par contre, je n'avais vraiment pas assez de fruits: le goût est bien là, mais visuellement, ce n'est pas tout à fait ça, et le plus faible volume de fruits a rendu le gâteau plus mince.

jeudi, septembre 11, 2014

"Promenons-nous dans les bois" de Bill Bryson

Je viens de finir un bouquin hilarant sur la randonnée. Bien que le sujet semble similaire, il est aux antipodes de l'ascension du Rum-Doodle: il s'agit du récit de la tentative de traversée du Sentier des Appalaches, immense et mythique chemin de randonnée aux États-Unis, d'une longueur de 3500km à travers 14 états, par Bill Bryson, auteur américain reconnu.

Bill et son vieux pote Katz, tous deux pas franchement expérimentés ni même sportifs, se retrouvent confrontés aux petites mésaventures de randonnée, poids du sac, fatigue, ennui, mauvaise bouffe, animaux sauvages, autres randonneurs déjantés... C'est raconté avec un humour féroce, et l'Amérique profonde en prend pour son grade. Mais le chemin réserve également des moments de grâce: des paysages magnifiques, des rencontres particuli1ères, un simple carré de chocolat offert par un autre randonneur...

Un conseil: à lire pas trop loin d'une machine connectée à Internet, pour regarder les paysages au fur et à mesure de la progression des deux héros!

samedi, août 30, 2014

Musée d'Orsay

C'est que c'est fort bien, le musée d'Orsay! J'ai profité de mes vacances d'été pour aller faire un tour là dedans. Bien qu'ayant été banlieusard pendant de nombreuses années, j'avais jusqu'à présent raté ce musée, mais cette erreur est maintenant réparée.

Nous avons eu la chance d'arriver pile poil au début d'une visite guidée (rajouter 6€ par personne, quand même) d'environ 90 minutes, absolument passionnante. Petite remarque technique: en lieu et place des visites "old school" où l'on se presse autour d'un guide hurlant pour capter quelques paroles, nous avions tous un petit casque audio, et le guide un microphone. L'on peut donc flâner, s'approcher ou l'éloigner des œuvres, tout en entendant parfaitement le commentaire.

J'ai été fasciné en particulier par les deux chefs d'oeuvre de Manet, Olympia et le Déjeuner sur l'herbe, et des raisons qui ont rendu ces tableaux absolument scandaleux à leur époque. Il y avait également de nombreux Renoir, qui était quand même le moins lugubre des impressionnistes, et plus de Van Gogh au même endroit que je n'en avait vu au total avant.

samedi, août 16, 2014

Rosetta

J'ai suivi avec beaucoup d'intérêt l'arrivée de Rosetta, la sonde spaciale Europénne, à proximité de l'astéroïde répondant au doux nom de 67P/Churyumov–Gerasimenko. En particulier, la seconde partie de la conférence de presse était passionnante: en effet, ils avaient invité plusieurs chercheurs des différentes équipes travaillant sur la sonde, pour expliquer le fonctionnement des instruments présents et ce qu'ils allaient en faire. Comme le faisait remarquer un commentateur sur le fil de discussion sur Slashdot, il était rafraichissant d'avoir un tel niveau technique.

Mais l'on est en 2014, et la sonde a bien sûr son feed Twitter, @ESA_Rosetta, que je suis avec attention. Les photos de la comète sont à se rouler par terre tellement elles sont belles. Ce sont vraiment des choses que l'on avait jamais pu voir avant, et de nombreuses questions fondamentales trouveront des réponses (et sans aucun doute soulèveront de nouvelles questions encore plus nombreuses).

dimanche, juillet 20, 2014

TV Lobotomie

Un réquisitoire contre les effets néfastes de la télévision, en particulier chez les jeunes enfants. Michel Desmurget, chercheur en neurosciences cognitives, reprend l'état de la recherche sur les effets de la télévision sur le développement intellectuel et social. C'est édifiant.

samedi, juin 21, 2014

Monsieur Lecoq

J'ai terminé le cycle Monsieur Lecoq d'Émile Gaboriau, dont je parlais deux posts plus bas. Toutes ne sont pas disponibles au même endroit, voici donc les liens vers l'ensemble.

Je décerne haut la main à Gaboriau le titre de Maupassant du polar, ou de Conan Doyle du Paris de la Belle Époque, bien qu'il les ait précédés et influencés (au moins pour Doyle). De lire les cinq romans d'un coup, il est intéressant de retrouver systématiquement la même structure: un crime est commis, la police et le juge d'instruction paraissent, l'affaire est en fait plus compliquée qu'il n'y paraît et puise ses racines dans un drame familial, décrit minutieusement en deuxième partie. Un épilogue revient sur la résolution de l'affaire.

Le drame familial en question est systématiquement une sombre affaire de familles ennemies, d'amours contrariés, d'enfants naturels, de jalousie menant au crime, toujours parmi la noblesse campagnarde. Il s'en suit de très intéressantes tranches de vie à l'époque finalement peu connue de la Restauration de 1814, où certains nobles n'avaient toujours pas compris que le monde avait changé depuis 1789, et que la Révolution et l'Empire ne pouvaient pas disparaître d'un coup de baguette magique. L'on remarquera que les roturiers ont rarement les premiers rôles. Il est vrai qu'ils ne faisaient pas tant d'affaires de leurs amours.

Il s'ensuit cependant un certain sentiment de répétition. Là où Conan Doyle avait su se renouveler à chaque histoire, par des crimes très variés commis dans tous les milieux sociaux, et dans des endroits très différents, Gaboriau raconte en fait une histoire à chaque fois très similaire. C'est d'ailleurs la première partie, la phase d'enquête, que je trouve systématiquement la plus intéressante. Voyez cette citation de Gide:

"Lu d'affilée L'affaire Lerouge, Le Dossier 113 et le premier volume de Monsieur Lecocq de Gaboriau. Le second volume me tombe des mains, car Gaboriau patauge dans une psychologie conventionnelle dès qu'il quitte son meilleur domaine : la recherche policière, où il se montre un extraordinaire pionnier, précurseur de tous les romans détectives; ceux de Conan Doyle ne sont que piquette auprès des siens." André Gide - Journal 4 mars 1943 (tirée de cette bibliographie de Gaboriau)

Je pense qu'il ne s'en fallait pas de beaucoup pour que Monsieur Lecoq devienne aussi célèbre que son successeur londonien: les personnages, le style et l'environnement sont parfaits, il aurait juste fallu plus d'histoires, plus courtes, plus variées.

dimanche, juin 15, 2014

The ascent of the Rum-Doodle

The Ascent of Rum Doddle, écrit par W. E. Bowman et paru en 1956, est à la montagne ce que 3 hommes dans un bateau est à la navigation. C'est un pastiche des récits de montagne de l'époque, qui relate l'épopée d'un groupe de montagnards à l'assaut du Rum Doodle, la "Reine des neiges", qui culmine à 40000 1/2 pieds.

Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant ri. Ce n'est pas un bouquin bien long, et c'était fini en 3 aller-retours vers le boulot. Diverses bêtises avec des radios, des bouteilles de Champagne, des crevasses, des porteurs, le cuistot... C'est à lire absolument pour tous les fans de montagne, et pour tous les fans de littérature humoristique. Et l'intersection de ces deux milieux est large :)

The Ascent of the Rum Doodle, written by W. E. Bowman and published in 1956, is to mountaineering what 3 men in a boat is to boating. It's a pastiche of the climbing epics of the time, describing the adventures of a group of climbers to go on top of the Rum Doodle, the "Queen of the Snows", culminating at 40000 1/2 feet.

It's been a long time I had not laughed so much. It's not a very big book, and I got over it in 3 return trips to work. Various mishaps with radios, bottles of Champagne, crevasses, porters, the cook... It's a must read for all mountain fans, and for all humour literature fans. And the intersection of these two groups is large :)

dimanche, juin 08, 2014

Émile Gaboriau

Je découvre un autre auteur de deuxième moitié de XIXème siècle, mon époque favorite. Il s'agit d'Émile Gaboriau, auteur de romans policiers. Un petit air de Maupassant pour le portrait doux-amer d'une époque où l'on se déplaçait en fiacre, où l'on était jugé sur son nombre de milliers de livres de rentes, et où on allait au théâtre pour se montrer avec sa dernière maîtresse. Et un gros air de Conan Doyle avec deux détectives, le père Tirauclair, et l'agent de la sûreté Lecoq, inspiré de François Vidocq. Ces deux détectives récoltent les indices et tirent de long raisonnements pour expliquer le crime, façon Sherlock Holmes ou Arsène Lupin.

Sauf que l'inspiration va dans l'autre sens: Émile Gaboriau, lui-même inspiré du personnage d'Auguste Dupin de Poe, a fortement influencé Connan Doyle, avant d'être complètement dépassé par la popularité du célèbre détective britannique.

Il est intéressant de noter que Gaboriau prend une approche très réaliste de l'enquête policière: l'on retrouve juges d'instructions, procureurs, et agents de la sûreté, associés pour faire éclater la vérité, mais avec pourtant une certaine dose de compétition. Il s'agit non seulement de trouver le coupable, mais également d'apporter suffisamment de preuves pour avoir une chance de le faire condamner par le jury. Et quand le juge d'instruction part bille en tête sur une idée fausse, l'agent de la sûreté ne peut s'empêcher de prendre un malin plaisir à lui démontrer son erreur.

Au final, ça se lit très bien, le style est agréable, et les enquêtes sont pleines de rebondissements. Contrairement à ce à quoi l'on pourrait s'attendre de ces toutes premières histoires de détectives, les histoires étonnent encore. Bien joué, Émile!

Commencez par L'Affaire Lerouge, et continuez avec Le Crime d'Orcival.

lundi, mai 26, 2014

Gâteau de semoule

Quel gâteau d'anniversaire quand on a deux ans? J'ai opté pour le gâteau de semoule, dessert réputé inratable, mais qui recèle quelques subtilités.

Tout d'abord, quelle proportion de semoule et de sucre? Pour 1L de lait, j'allais de 200/100 (200g de semoule et 100g de sucre) dans ma folle jeunesse, à un beaucoup plus sage 120/60 ces jours ci. Le fait est qu'il est possible de réduire fortement la quantité de sucre tout en gardant bon goût. Il m'a fallu descendre à 30g de sucre avant que cela n'affecte vraiment le goût, ce que j'ai corrigé avec force confiture. Mais pour la version gâteau, c'est à dire avec des oeufs puis cuite au four, j'ai eu l'impression qu'il fallait mettre un peu plus de semoule pour que l'ensemble se tienne, et j'optais donc pour un 160/55.

Je me suis également essayé à ajouter une gousse de vanille: coupée en 2, les grains extraits à la lame de couteau, et l'ensemble (les grains et la gousse) jetés dans le lait. Les grains avaient tendance à s'agglomérer en petits paquets, mais une fois la semoule ajoutée et le mélange épaissi, les grains se séparent et l'aspect devient homogène (je vous ai mis des photos bien grandes pour pouvoir les voir).

Enfin, l'ajout des œufs est un peu technique également: il faut s'assurer qu'ils ne cuisent pas avant d'avoir été complètement incorporés au mélange. Je laisse la semoule refroidir un peu, je bas les oeufs en omelette, et je les ajoute en remuant très vivement. C'est passé.

La recette:

Dans une casserole, mettre 1L de lait à bouillir avec 55g de sucre, les grains de vanille et la gousse. Lorsque le lait bout, enlever la gousse, et ajouter 160g de semoule en pluie en remuant bien. Faire cuire environ 5mn en continuant à fouetter le mélange. Retirer du feu. Battre 3 œufs en omelette, les ajouter à la semoule en fouettant vivement. Mettre la semoule dans un moule à cake, faire cuire à 200°C pendant 25 minutes. Servir chaud ou froid.

Which birthday cake for a 2 years old? I went for the semolina cake, a dessert that's known to be hard to get wrong, but that has still a few subtle points.

First, what proportions of semolina and sugar? For 1L of milk, I used to go from 200/100 (200g of semolina for 100g of sugar) in my crazy youth, to a much more reasonable 120/60 these days. The fact is that it is possible to reduce significantly the quantity of sugar while keeping a very nice taste. I had to go down to 30g of sugar to get it to affect the taste, which I corrected with large quantities of jam. But to make the cake version of the semolina, that is, with eggs and baked in the oven, I got the feeling that more semolina was required, to make it hold together. So I went for a 160/55.

I also tried adding a vanilla pod: cut in 2, seeds extracted with the tip of the knife, and the whole (seeds and pod) thrown in the milk. The seeds had the tendency to keep together, but once the semolina was added at the mix thickened, the seeds got properly separated for an homogeneous look (I posted large pictures so that they are visible).

Finally, adding the eggs requires a bit of care: one needs to ensure that they do not cook before they are fully mixed with the semolina. I let the semolina cool down a bit, beat my eggs in an omelette, and I add them by whipping quickly. It went through fine.

The recipe:

In a saucepan, bring 1L of milk to the boil with 55g of sugar and the vanilla seeds and pod. When the milk is boiling, remove the pod, add 160g of semolina slowly (one can even pass it through a sieve to ensure it does not make lumps). Cook for 5 minutes while whipping. Bring off the fire. Beat 3 eggs, add to the semolina while whipping strongly. Pour in a cake tin, bake for 25 minutes at 200°C. Serve warm or cold.

jeudi, mai 22, 2014

Un chausson aux pommes

Voici mon chausson aux pommes, taille familiale. Tout d'abord, j'ai préparé une compote en faisant cuire 1 kg de pommes. Le bon truc, apparemment, c'est de faire cuire les pommes sans ajouter d'eau du tout. Cela veut dire qu'il faut garder un œil dessus pour ne pas que ça attache, mais cela donne une compote très sèche, ce qui permet de ne pas détremper la pâte.

Pour la pâte feuilletée, c'est du tout prêt, je ne me sens pas encore assez téméraire pour me la faire moi même. J'ai trouvé une marque qui fait du pur beurre, sans trop de cochonneries ajoutées. J'étale la pâte sur du papier sulfurisé, je mets la compote au milieu, je roule, je mets dans un plat en terre, je badigeonne de jaune d’œuf, et zou, au four 40 minutes à 170°C. Le résultat, c'est que ça pourrait être plus cuit... Le dessus est bien, mais le dessous, et surtout les côtés, là où l'on a replié la pâte, sont un poil lourdingues. C'est tout de même rudement bon, et l'on retrouve les sensations du chausson aux pommes du boulanger.

Je note cependant que le chausson, une fois roulé, se tient très bien. Cela veut dire que la prochaine fois, je peux mettre sans crainte le papier sulfurisé directement sur la grille, et éviter le plat. En mettant mon four en mode cuisson en haut et en bas, j'espère obtenir une meilleure cuisson du dessous et des bords.

La température pourrait sûrement être relevée à 210°C, comme j'ai vu proposé dans certaines recettes.

Bref, une seconde tentative s'impose!

Here is my apple turnover, family size. First, I prepared my compote by cooking 1 kg of apples. The trick, apparently, is to cook the apples without any added water. It means that you have to keep a close eye to the preparation to avoid burning it, but the resulting compote is very dry, which does not soak the pastry.

For the puff pastry, I went for ready-made, I don't feel bold enough to try to make it myself. I found a brand that makes a butter only one, without too many added nasties. I roll the dough on baking paper, I add the compote in the middle, I roll it, put it in a ceramic dish, paint it with egg yolk, and voilà, in the oven for 40 minutes at 170°C. The result is that it could be more thoroughly cooked... The top is nice, but the bottom, and the sides where the dough is folded over itself, is still very wet and quite heavy to eat. Still, it's really tasty, and I retrieve some of the feelings of the apple turnover I'd get in a French bakery.

It's interesting to note that once it's rolled, the turnover keeps together pretty well. It means that I could put it directly on the grid in the baking paper, and do without the ceramic dish. Putting my oven in the mode where it warms from top and bottom, this should ensure a more even cooking process for the bottom and the sides

Temperature could also probably be increased to 210°C, as I saw in certain recipes.

All in all, a second try seems necessary!

samedi, mai 03, 2014

The Timeless, démo en 64K

Il y a une bonne décennie, je faisais parfois tourner ces démos hallucinantes qui tenaient dans un exécutable minuscule. Les techniques de génération procédurale sont utilisées pour afficher les images de synthèse et jouer la musique, le tout en temps réel. La limite de taille de ces exécutables était souvent 64K, pour coller avec la taille de mémoire disponible sur un Commodore 64, une des machines phare de la démo-scène.

Certaines équipes de fondus s'éclatent toujours autant de nos jours à générer ce type de programmes. Les règles ont un petit peu changé, cependant: les cartes vidéos sont des monstres, débarquant souvent avec des drivers de plusieurs mégaoctets. Les démo-makers utilisent donc les drivers et les bibliothèques du système, mais rien de plus. Voici donc la vidéo générée à partir de la démo "The Timeless", dernière création de l'équipe Mercury (pour faire tourner l'exécutable, il faut à la fois Windows et une carte NVidia récente. Pas pour moi, donc!). Dommage que la vidéo ait été prise avec une résolution aussi basse.

samedi, mars 29, 2014

Le tube de toilette

Le "Tube de toilette" de Bobby Lapointe, avec en intro Bobby parlant de la notation en nombres binaires à un voisin de table. Rappelons que Bobby Lapointe avait la passion des maths et avait travaillé sur les représentations binaire et hexadécimale.

Ma réplique préférée: "Il font rire les gosses, mes tics!" - "Les cosmétiques!"

dimanche, mars 16, 2014

Cuisine

Ayant reçu il y a quelques temps un bouquin de recettes traditionnelles, je m'en suis essayé quelques unes ce soir.

Tout d'abord, poireaux vinaigrette. Complètement ratés: ayant oublié que j'étais à court de vinaigre, j'y a collé du vinaigre de riz, et ce n'est pas top. De plus, j'ai eu la main un peu lourde sur l'échalote. De toutes façons, le poireau, c'est rarement à tomber par terre, ou alors il faut mettre beaucoup de crème fraiche.

Ensuite, filet mignon en croute. Dans une pâte feuilletée (que j'ai achetée, je ne me sens pas encore de la faire moi même, mais je m'y mettrai un de ces quatre), l'on met une couche d'oignons, puis le filet mignon de porc, puis de la moutarde, puis de la pancetta, puis du reblochon, et on essaie de fermer comme on peut. Que des bonnes choses, donc!

Les oignons plein de graisse au fond de la pâte, ça détrempe la pâte et la casse très rapidement. D'avoir oublié de mettre la pâte dans le plat avant d'y coller tout le bazar n'a probablement pas aidé, mais mon filet mignon s'est répandu dans le plat. C'était tout à fait délicieux, ceci dit, avec une petite salade de cresson de fontaine (que Wikipedia me dit que ça s'appelle comme ça).

En dessert, de bonnes vieilles bananes flambées. Fidèle à moi même, j'ai eu la main un peu lourde sur l'alcool, et causé une belle flamme, mais les bananes étaient tout à fait sympathiques, quand bien même elles auraient bénéficié de quelques jours de plus pour mûrir.

vendredi, mars 07, 2014

Reboot cérébral

Il m'est arrivé quelque chose de traumatisant, en Septembre dernier. J'ai attrapé le hoquet.

Enfin, ce ne fut pas d'attraper le hoquet qui fut traumatisant, mais plutôt de s'en débarrasser.

Cette cochonnerie m'a poursuivi pendant 2 semaines, me réveillant parfois la nuit. Je suis donc allé chez la toubibesse, laquelle a convenu qu'il fallait faire quelque chose, et m'a prescrit des médocs. Je me précipite chez le pharmacien du coin, ah non, il va falloir passer commande. Peuh, pensé-je en me précipitant à la méga-pharmacie à côté de mon boulot. Ah bah non, commande aussi. Encore deux jours à hoqueter, et je mets enfin la main sur les pilules.

Ça aurait dû me mettre la puce à l'oreille: la pharmacienne, au moment de me donner mes médocs, me recommande leur service d'alerte par SMS de livraison des médocs pour les prescriptions qui se répètent. Je me rengorge: "Je ne suis pas malade si souvent!". Mhh!

Arrivé au boulot, avant d'avaler la première pilule, je lis quand même la notice pour savoir ce que l'on me donne. Et là, surprise: c'est un médicament recommandé contre la schizophrénie, ou encore l'hyperactivité de l'enfant! Je me dis que quelqu'un a dû se tromper, et je re-vérifie. En effet, le site Web de la NHS confirme, en plus de son utilisation dans la psychiatrie lourde, il est recommandé dans les cas de hoquets. Ainsi soit-il, me dis-je, en avalant l'inoffensive petite pilule.

Au bout de 2 heures, je me suis retrouvé dans l'incapacité de travailler. D'abord, une sensation de fatigue, puis des difficultés à se concentrer, puis, une seule idée en tête, m'étendre et dormir. Je me traîne à l'infirmerie et passe 15 minutes réparatrices sur un matelas. De retour à mon bureau, je me rends vite compte que je ne serai pas en état de finir la journée.

Je me traîne chez moi. Rarement le chemin du retour m'a semblé si long. Mes pas sont lourds, j'ai l'impression que je vais m'écrouler à terre. Je tente d'évaluer la distance qui sépare la station de métro de mon lit, et compte les mètres 1 à 1. Enfin, j'arrive au plumard, je m'y jette, et je dors jusqu'au soir.

J'émerge quelques heures dans la soirée. Je me décide à reprendre une pilule, la notice expliquant que les effets secondaires sont particulièrement présents au début mais s'estompent avec le temps.

Le lendemain matin, je reprends une pilule, et m'habille pour aller au boulot. Et au moment de partir, je sens que ça ne va pas le faire. Je me sens incapable de réfléchir, ou même de marcher, et je veux juste retourner au lit. J'y passerai la journée.

C'est une sensation des plus bizarres. Nulle position ne me semble confortable, je me tourne et me retourne, je me lève pour aller jusqu'au canapé, et à peine arrivé, je jeux juste retourner au lit. Parfois, j'arrive à dormir un petit peu. Puis je me réveille. Impossible de se concentrer, de faire quoi que ce soit. Je me demande si les effets sont définitifs, et si je pourrai avoir une pension pour cause d'invalidité, si je ne retrouve jamais mes facultés. J'en pleurerait de rage. Je ne reprends pas de pilule.

Le soir, enfin, je commence à me sentir un peu mieux. J'arrive à avaler quelque chose, et à m'occuper un peu de la baraque. Je ne fais pas long feu, à 10 heures je suis de retour au plumard, et je dors comme une masse toute la nuit.

Enfin, c'est la sortie du tunnel. Il me faudra encore 2 jours avant d'être pleinement opérationnel: quelques tremblements, et encore un peu de fatigue.

Maintenant, je comprends mieux le terrible choix des personnes atteintes de schizophrénie: pour arrêter de délirer, il faut devenir une loque humaine. Ce médicament m'a fait sentir à quel point mes facultés mentales étaient fragiles, et m'a donné un terrible aperçu de ce que pourrait être une maladie mentale ou un affaiblissement de l'intelligence dû à l'âge. Il m'est plus doux maintenant, le plaisir de lire, d'étudier un problème complexe, ou simplement d'avoir une conversation intéressante avec quelqu'un.

Mais au moins, mon hoquet est guéri.

jeudi, janvier 30, 2014

Joyeuse année du cheval!

Eh oui, c'est l'année du canasson! Alors, reposez-vous bien!

dimanche, décembre 29, 2013

C'est fou ce qu'on retrouve sur Internet

Tenez par exemple. Je savais avoir un ancêtre, Achille Fauque, ayant été chef faisandier au jardin des plantes à Paris, à la fin du XIXème siècle. Il circule même une légende familiale comme quoi Jules Vernes venait régulièrement lui rendre visite pour lui demander des tuyaux sur les oiseaux exotiques que l'auteur voulait utiliser dans ses histoires. Dès que je peux remettre la main dessus, je scannerai sa photo, car il a de bien belles bacchantes. Eh bien, archive.org contient le "Bulletin de la Société d'acclimatation de France", lequel indique:

M. Achille Fauque, faisandier chef au Jardin zoologique 
d'Acclimatation, se fait remarquer par sa connaissance parfaite 
des oiseaux et par les soins éclairés qu'il leur prodigue. 
La Société décerne à M. Fauque une prime de 200 francs.

Je me demande dans quoi il a dépensé sa prime.

mercredi, septembre 04, 2013

La pensée du jour

Un avare sourd, c'est un vrai dur de larfeuille.

dimanche, août 11, 2013

Courir plus pour manger plus

Mes côtes sont douloureuses, conséquence de mon petit jogging de ce soir (oui, chez moi, c'est les côtes qui font mal en premier, les mollets suivront demain). Un des attraits du jogging, à mon sens, est d'améliorer grandement le plaisir de manger. Ce soir, par exemple, les œufs de cent ans m'ont paru tout à fait divins. D'habitude, j'aime bien les œufs de cent ans, mais là, il y avait quelque chose en plus, une explosion de saveurs inhabituelle, un truc à vraiment se relever la nuit pour en manger.

La première fois que je me suis vraiment rendu compte de ce phénomène, c'était lors d'une ballade entre Hyde Park et Weybridge (environ 25km) avec une autre superstar de la toile (que ça fait longtemps que tu n'as pas posté, d'ailleurs!). En milieu d'après-midi, après 6 ou 7 bonnes heures de marche dans le froid, l'on sort quelques abricots secs. Ma doué! C'était de bêtes abricots de chez M&S, mais si les neuf muses étaient descendues exprès de l'Olympe pour m'apporter du nectar et de l'ambroisie, que j'aurais continué à m'envoyer mes abricots.

Allez hop, quelques kilomètres pour réveiller vos papilles engourdies!

dimanche, août 04, 2013

Les singes de Bali

Laissez-moi vous conter une petite histoire qui nous est arrivée lors de l'été 1996 ou 1997. Nous visitions un temple à Bali, la magnifique île indonésienne. Quand je dis temple, c'est plutôt une grande aire semi-sauvage le long de la mer, avec des petits chemins de pierre et quelques ruines. Et des singes. Plein de singes!

Des panonceaux indiquent un peu partout de faire attention à nos affaires, car ces primates sont chapardeurs. Nous rangeons donc tout ce qui brille ou qui se mange, fermons bien nos poches, et admirons l'endroit.

C'est alors qu'un singe qui nous suivait depuis un petit moment bondit sur les épaules de mon père. Flottement. Il s'y installe confortablement, nous regarde, et tout d'un coup, chipe les lunettes de mon père et bondit en haut d'un arbre, poursuivi (du moins jusqu'au bas de l'arbre) par mon paternel et quelques injures fleuries et bien senties, qui laissèrent le singe de marbre (peut-être que des insultes en balinais auraient mieux fonctionné, quoi que je ne doute pas que les singes en zone touristique soient polyglottes).

Un gardien se précipite, et jette au singe des fruits enrobés de film plastique, histoire de lui occuper les mains. Au bout du troisième fruit, le singe consent à rendre les lunettes, qu'il lâche depuis son perchoir.

Moralité? Le gardien a eu un généreux pourboire. Le singe a eu quelques friandises. Et le touriste, une belle histoire dont il se souvient encore 15 ans après. Tout le monde est content!

mercredi, juillet 31, 2013

Le mystère du télémètre

En avez-vous déjà vu? Moi, c'est pratiquement tous les matins, sur le chemin du boulot. Deux ouvriers (en l'occurrence, travaillant sur le chantier de CrossRail, la nouvelle ligne de train qui traverse Londres d'Est en Ouest), munis l'un d'un télémètre, l'autre d'une grande tige graduée, qui s'installent apparemment complètement au pif, et qui mesurent longuement. Le type au télémètre regarde dans son appareil, appuie sur quelques boutons, regarde de nouveau, fait quelques pas, retourne au télémètre. L'autre tient sa tige pas particulièrement droite (non, pas celle là, bande de petits canailloux!), reste 10 minutes planté là en regardant ailleurs, puis va se poster à un autre endroit encore plus aléatoire que le précédent.

Mais que font-ils? Comment un tel manège peut avoir une utilité? Est-ce qu'ils mesurent l'élévation du trottoir? Mais dans ce cas, à partir de quel point de repère? Et pour quoi faire? Ou peut-être est-ce une punition? Ceux qui ont mal bossé la veille sont envoyés faire les clowns dans la rue avec le télémètre?

Je suis preneur de toute explication.

mardi, juillet 23, 2013

Mini ananas

Vu au jardin botanique de Kew Gardens, cet ananas minuscule pas plus grand qu'une main. Résultat, le soir même, on s'achetait son grand frère pour le dévorer au dessert.

Seen in Kew Gardens, this tiny pineapple no bigger than a hand. So, that same evening, we bought its big brother and devoured it for dessert.

mercredi, juillet 10, 2013

Défense et réhabilitation de Milady

Voici un extrait de l'article de Wikipedia sur Milady de Winter, personnage clé du roman Les Trois Mousquetaires, que j'ai trouvé tout à fait intéressant. Ce texte a été retiré car il a été considéré, à mon avis avec raison, qu'il n'avait pas sa place sur Wikipedia, ce qui n'est pas une raison pour le laisser tomber dans l'oubli.

Milady innocente

On pourrait s'étonner que dans le simulacre de procès, une telle place soit accordée sans recul aux accusations du bourreau. Bourreau dont on peut douter de l'impartialité et de la probité, puisque, on le verra plus tard, il se fait payer, dans un premier temps, pour exécuter quelqu'un sans autorisation de justice. Cela semble d'ailleurs être sa spécialité.

L'affaire de Templemars

Qu'en est-il exactement ? Milady, qui aurait prononcé des vœux, dont on ignore s'ils sont volontaires ou pas, s'échappe du couvent des bénédictines de Templemar, avec le prêtre.

Il ne semble pas que ses accusateurs lui aient reconnu le simple droit de rompre ses vœux. Après tout, l'édit de Nantes en vigueur à l'époque permettait déjà de changer de religion. Et pourquoi la juger plus sévèrement qu'Aramis ?

Seulement voilà, il y a vol des vases sacrés.

L'accusation de complicité entre la jeune fille et le prêtre ne vient que du bourreau, frère du prêtre. Voyant que seul son frère est condamné, il décide de flétrir lui-même la jeune fille. Jeune fille qui, soit dit en passant, aurait été condamnée par la justice si elle avait été reconnue coupable !

S'appuyant sur la souffrance qu'il a éprouvé à flétrir lui-même son frère, il réussit à se poser en victime, ajoutant au passage, une accusation de séduction du prêtre et du fils du geôlier.

A-t-elle séduit le prêtre ?

On pourrait s'étonner qu'à notre époque, peu de personnes évoquent l'âge de Milady quand elle a été flétrie. Il semble, d'après les révélations du bourreau et d'Athos, qu'elle ait eu à peine 14 ans au moment des faits.

Lorsqu'il se confie, Athos parle d'une jeune fille d'environ 16 ans, et lors de la mascarade du procès, le bourreau se pose en victime. Il a fait 2 ans de prison parce que son frère s'est évadé. Le bourreau a été libéré quand le prêtre est revenu, après le mariage de Milady (alors Anne de Breuil) avec le comte de La Fère.

Les explications sur cette époque sont très succinctes2. Néanmoins elles portent à croire que la jeune fille avait au plus 14 ans.

Cela soulève d'autres questions importantes : à quel âge aurait-elle prononcé des vœux perpétuels ? Dans quelle mesure est-elle responsable de ses vœux ? Et surtout est-elle responsable d'avoir séduit un prêtre très probablement plus âgé qu'elle ? Ne serait-ce pas plutôt l'inverse ? Milady jeune fille ne serait-elle pas victime d'un détournement de mineure ?

Coupable d'être bigame

On pourrait regretter l'absence d'un minimum de droit déjà en vigueur à l'époque. Les Anglais avaient le droit de divorcer. Or, un doute plane sur la nationalité de Milady. Dans La Jeunesse des Mousquetaires, elle se présente comme la fille d'un gentilhomme gallois, époux d'une Française Anne de Bueil (ou de Breuil). On notera que son mariage avec Lord de Winter durera deux ans. (Jeunesse des Mousquetaires, acte III, 9e tableau,scène III).

Mais deux autres éléments, et non des moindres, la rendent innocente du délit et lui accordent des circonstances atténuantes. D'abord Athos fait tout pour se faire passer pour mort. En témoigne le duel avec l'anglais, qu'il tue parce qu'il voulait connaître son véritable nom. Athos dira lui-même « On me croit mort ! »

Ensuite, quel avenir pourrait-on donner à une jeune femme de 16 ans, victime d'une tentative d'assassinat de la part de son mari, qui prétendait l'aimer ? Au passage, on peut noter qu'Athos, qui se pose en juge, oublie particulièrement de raconter son crime, et encore moins de dire haut et fort à tous, qu'il est ce fameux premier mari !

Changement d'identité

.....quid d'Alexandre Dumas qui l'appelle Charlotte Backson dans La Jeunesse des Mousquetaires, Anne de Breuil dans Les Trois Mousquetaires et Anne de Bueil dans 20 ans après ?

Anne de Breuil est le nom de sa mère. Ce n'est pas si grave que ça de relever un nom de famille....

Accusée d'être une débauchée

L'accusation est émise dans 20 ans après par son beau-frère, Lord de Winter. Personnage dont on parle peu, mais qui relève d'une certaine perversité.

Certes, Milady ne brille pas par la vertu ! Mais que voudrait-on exiger d'elle ? Une fidélité absolue au Comte de La Fère, dont elle garde la bague pendant une dizaine d'année... Ces accusateurs donnent-ils eux-mêmes l'exemple ? Au contraire, non seulement ils ont une moralité douteuse, mais de plus, un jugement très partial dans ce domaine. Pourquoi ? Le roman évoque la duchesse de Chevreuse, présentée comme une grande dame très respectable. Or, de notoriété publique la duchesse de Chevreuse avait de nombreux amants. Ne va-t-elle pas d'ailleurs séduire Athos, déguisé en prêtre.... et devenir ainsi la mère du vicomte de Bragelonne ? Pour abandonner l'enfant....

Pourquoi donc juger Milady plus sévèrement que la duchesse de Chevreuse ?

Avoir fait tuer Buckingham

Sur ordre discret de Richelieu, comme on le voit dans l'entretien du Colombier Rouge... quant à nos mousquetaires qui font tomber la couverture d'une espionne en période de guerre « ils mériteraient la cour martiale », comme le dira son Éminence à la fin du roman.

Trois meurtres

On pourrait objecter, dans un esprit féministe, que les armes des hommes ne sont pas celles des femmes, et que les duels des trois mousquetaires n'ont pas de motif valable de donner la mort, à part l'honneur et l'orgueil.... Nous sommes donc en présence de donneurs de leçon qui oublient de regarder la poutre qu'ils ont dans l'œil.

Le meurtre du second mari pourrait s'expliquer dans une logique de survie après ce que Milady a vécu avec le comte de La Fère. Il en va de même de l'affaire Brisemont, en réalité tournée contre d'Artagnan.

Des circonstances atténuantes, donc. Reste le meurtre de Constance. Meurtre « idiot », aussi bien dans la manière puisqu'il y a des témoins au bout du couloir, que dans le mobile. Pourquoi ? D'ailleurs, dans La Jeunesse des Mousquetaires, Milady regrette son geste.

Milady et l'amour

En dépit de sa froideur professionnelle, Milady agit aussi par sentiment : il est probable qu’elle a rencontré de Wardes blessé à Boulogne et qu’il lui a plu (d’Artagnan lui-même s’était attendri un instant en considérant ce beau jeune homme blessé qu’il abandonnait dans un bois en dehors de Boulogne) ; et, comme une vraie lionne qu’elle est, elle fait les premiers pas et lui envoie une lettre sans équivoque. Elle reçoit celui qu’elle croit être de Wardes puis celui qu’elle sait être d’Artagnan au vu et au su de tout le monde ; seule la question de la fleur de lys oblige à quelques précautions... Après tout, elle est riche, veuve et libre. Démasquée par d’Artagnan, elle prend bravement la direction des opérations : sans doute ne parvient-elle pas à le tuer elle-même mais elle engage des bravi, lui envoie de son fameux vin d’Anjou et profite de l’énormité du service exigé par Richelieu pour demander sa tête. L’espionne est aussi une femme amoureuse et qui a de bonnes raisons d’être jalouse.

Milady victime

On pourrait ainsi proposer une lecture féministe des Trois Mousquetaires qui inverserait les rôles : Milady serait une attendrissante victime et ses ennemis d’abominables canailles. L’idée est soufflée par une fortune littéraire, peu connue en France, de son modèle la comtesse de Carlisle : cette authentique intrigante figurerait[réf. nécessaire] dans l'œuvre de Robert Browning (Strafford, a Tragedy, 1835) un personnage héroïque qui essaye en vain — toujours la fatalité historique — de sauver le comte de Strafford[réf. nécessaire]. Expédions d’abord l’affaire du couvent de Templemar : il est évident qu’on a enfermé chez les bénédictines pour des raisons de famille une pauvre enfant aussi dépourvue de vocation religieuse que la Suzanne Simonin de Diderot. Il est impossible, avons-nous dit, quand on a prononcé ses vœux, de quitter légalement la clôture ; il faut bien trouver un protecteur et le seul homme qu’on ait l’occasion de rencontrer est évidemment un prêtre. Il ne va pas aider gratuitement la jeune religieuse. Mais est-ce la faute de l’homme, ou de la malheureuse enfant ? La vengeance qu’en tire le bourreau de Lille est privée et infâme. Après quoi il faut bien vivre et, si le prêtre doit exercer sa profession, sa maîtresse n’a guère d’autre choix que de se faire passer pour sa sœur et de chercher un bon établissement ; l’occasion se présente en la personne du comte de La Fère qui l’épouse comme un galant homme qu’il est. Devenue comtesse et parée des joyaux de famille qui lui reviennent de droit elle fait, au dire même d’Athos, une comtesse plus qu’acceptable, tenant admirablement son rang. Le funeste accident de chasse qui occasionne la découverte de la fleur de lys n’est pas à l’honneur d’Athos : il argue de droits féodaux parfaitement barbares pour pendre sa femme à l’arbre le plus proche, et il dissimule hypocritement son acte. « Ciel ! Athos ! un meurtre ! » s'écrie d'Artagnan, l'apprenant finalement. Et Athos d'acquiescer « Oui, un meurtre, pas davantage. »

La comtesse de La Fère ressuscitée d’une façon ou d’une autre n’a plus qu’à gagner le large. Elle trouve refuge en Angleterre. Elle choisit un autre grand seigneur benêt et honnête homme à qui elle donne un enfant, à moins qu’elle n’ait arrangé ce mariage que pour donner un père au fils d’Athos, ce qui aurait le piquant de faire de ce vertueux personnage l’assassin de sa femme et de son fils. Le comte de Winter meurt subitement et manifestement empoisonné. Milady accuse son beau-frère dans son récit à Felton. Et si elle disait vrai ? Lord de Winter l’accuse quand les mousquetaires la jugent, mais est-il vraisemblable qu’il eût gardé des relations cordiales avec sa belle-sœur, amenant des amis chez elle, place Royale, buvant son vin d’Espagne, s’il la prenait pour une empoisonneuse ? On pourrait penser qu'elle a été vraiment violée par Buckingham, car même si le narrateur extérieur en parle comme « des accusations infâmes et imaginaires de Lady de Winter », le duc anglais est décrit par les chroniques du temps comme un habitué de la méthode à la hussarde. Tallemant des Réaux par exemple raconte la rencontre de Buckingham et d'Anne d'Autriche dans les jardins d'Amiens en termes crus : « Buckingham tint la Reine toute seule dans un jardin ; au moins il n'y avait qu'une Madame du Vernet, sœur de M. de Luynes, dame d'atours de la reine, mais elle était d'intelligence et s'était assez éloignée. Le galant culbuta la reine et lui écorcha les cuisses avec ses chausses en broderies... »

L’attitude de d’Artagnan est également inqualifiable : il lit un billet dont il sait pertinemment qu’il ne lui est pas destiné, passe la nuit avec Milady en se faisant passer pour le comte de Wardes, lui envoie une lettre ignoble au nom de ce gentilhomme ; couche encore avec Milady, cette fois en son nom propre parce qu’elle a l’imprudence de payer d’avance à d’Artagnan le service qu’elle attend de lui, c’est-à-dire le meurtre de de Wardes. Ajoutons que pendant ce temps, le mousquetaire séduit la soubrette, pour laquelle tout lecteur de Dumas a toujours un faible, parce qu’elle est une autre victime des soi-disant gentilshommes du temps.

L’épilogue du roman constitue un condensé de violence et d’hypocrisie masculines : pour dissimuler ce corps martyrisé par l’emprisonnement, le viol, le fer rouge, les tromperies des roués, ils sont six hommes armés à le décapiter, à l’enfermer dans un sac, à le jeter dans la Lys, en s’abritant derrière la « Justice de Dieu. » Et ce n’est pas fini : on s'acharnera encore sur le fils de la victime. Le sort de Mordaunt reproduit celui de sa mère ; élevé par des domestiques dans le luxe d’une demeure aristocratique anglaise (car il est peu probable que sa mère l’ait emmené sur le continent), il a été dépouillé de ses titres, ce qui est admissible étant donné sa naissance ; ce qui l’est moins est l’abandon total où il a été jeté par sa famille anglaise ; Lord de Winter aurait pu assurer de façon décente l’avenir de celui qu’il croyait sans doute le fils naturel de son frère aîné.

On pourrait aussi soutenir que beaucoup de ces actions qualifiées de crimes par les mousquetaires ne relèvent que de son travail d'espion, comme leur travail de mousquetaires. Elle est loyale à son employeur, le Cardinal (lui moins envers elle...). Peut-on dire que, par exemple, essayer de faire en sorte que la liaison secrète de la reine de France avec le premier ministre de l'Angleterre soit découvert, soit nécessairement plus criminelle que d'essayer de faire que cette liaison reste cachée au roi français ? Également, en temps de guerre avec l'Angleterre, quand le duc de Buckingham s'apprête à mener une flotte contre les français, ne peut-on dire qu'une espionne française envoyée pour faire assassiner le duc, ne fait que son devoir ? De surcroît elle fait bien son travail, elle est courageuse et ingénieuse, est une sorte de James Bond au féminin, peut-être avec quelques scrupules de moins… Elle n'était pas coupable d'être allée en Angleterre pour tuer son beau-frère comme l'on a prétendu — ceci n'était pas son but. Si elle a parfois abusé d'autres personnes, et parfois tué sans beaucoup s'en soucier, l'on pourrait dire la même chose pour les mousquetaires, toujours prêts à tuer les inconnus dans des duels pour quelque prétendue offense à leur honneur etc. Elle est une femme forte et indépendante à une époque où les femmes étaient souvent dominées par les hommes.

dimanche, juillet 07, 2013

Wimbledon

Et voilà, après 77 ans, un britannique obtient enfin la victoire à Wimbledon. Andy Murray l'a bien mérité, il a été vraiment bon, courant après les balles les plus désespérées, physiquement et mentalement plus fort. Cependant, je ne peux m'empêcher d'être un petit peu déçu.

En effet, tous les ans, c'est une douce joie de contempler les espoirs déçus des supporters. Cette année, c'est la bonne! Et puis non. Tout le monde se monte la tête, et au final la déception n'en est que plus forte. C'était donc un plaisir simple et naturel que regarder l'optimisme réduit à néant des fans, et le nombre d'années sans victoire augmenter inexorablement, qui me sera aujourd'hui interdit. Les 7 auront porté chance à Murray.

Le rhume des foins, c'est spore...

Murf, on m'a remplacé le pif par une fontaine. C'est uniquement l'amour de la nature qui m'empêche de maudire (et accessoirement de passer au lance flammes) ces pollens et autres spores qui me pourrissent la vie. Enfin, ce n'est pas une raison pour bouder l'été britannique qui vient enfin de s'installer.

lundi, juin 24, 2013

Je soigne mon langage

Je crois que mon niveau de vulgarité a atteint un pic en fin d'adolescence. Puis, petite stagnation, avec un transfert des grossièretés vers la langue d'Elizabeth II. Puis, la paternité faisant son effet, je me surprends à faire de plus en plus attention, et à remplacer les exclamations du type "c'est chiant" par un bien plus raisonnable "c'est gonflant". Je me permet cependant de rajouter "Sainte Honorine" lorsque je suis d'humeur facétieuse.

mardi, juin 04, 2013

Ail ail ail

J'ai cuisiné (et bien évidemment mangé) un risotto à l'ail frais, ce soir. Les longues feuilles sont délicieuses et leur goût est tout à fait surprenant. J'ai d'abord fait rissoler quelques lardons au fond de la poêle avec un petit peu d'huile, puis les ai mis de côté. Ensuite, risotto standard: j'ai fait rissoler les oignons dans un peu d'huile, ajouté le riz et fait griller pendant quelques minutes, puis ajout d'eau chaude (je n'avais pas de bouillon), petit à petit, jusqu'à ce que le riz soit cuit. Ajout de l'ail frais finement coupé, cuit quelques minutes, puis des lardons. Et plein de parmesan par dessus!