samedi, juin 21, 2014

Monsieur Lecoq

J'ai terminé le cycle Monsieur Lecoq d'Émile Gaboriau, dont je parlais deux posts plus bas. Toutes ne sont pas disponibles au même endroit, voici donc les liens vers l'ensemble.

Je décerne haut la main à Gaboriau le titre de Maupassant du polar, ou de Conan Doyle du Paris de la Belle Époque, bien qu'il les ait précédés et influencés (au moins pour Doyle). De lire les cinq romans d'un coup, il est intéressant de retrouver systématiquement la même structure: un crime est commis, la police et le juge d'instruction paraissent, l'affaire est en fait plus compliquée qu'il n'y paraît et puise ses racines dans un drame familial, décrit minutieusement en deuxième partie. Un épilogue revient sur la résolution de l'affaire.

Le drame familial en question est systématiquement une sombre affaire de familles ennemies, d'amours contrariés, d'enfants naturels, de jalousie menant au crime, toujours parmi la noblesse campagnarde. Il s'en suit de très intéressantes tranches de vie à l'époque finalement peu connue de la Restauration de 1814, où certains nobles n'avaient toujours pas compris que le monde avait changé depuis 1789, et que la Révolution et l'Empire ne pouvaient pas disparaître d'un coup de baguette magique. L'on remarquera que les roturiers ont rarement les premiers rôles. Il est vrai qu'ils ne faisaient pas tant d'affaires de leurs amours.

Il s'ensuit cependant un certain sentiment de répétition. Là où Conan Doyle avait su se renouveler à chaque histoire, par des crimes très variés commis dans tous les milieux sociaux, et dans des endroits très différents, Gaboriau raconte en fait une histoire à chaque fois très similaire. C'est d'ailleurs la première partie, la phase d'enquête, que je trouve systématiquement la plus intéressante. Voyez cette citation de Gide:

"Lu d'affilée L'affaire Lerouge, Le Dossier 113 et le premier volume de Monsieur Lecocq de Gaboriau. Le second volume me tombe des mains, car Gaboriau patauge dans une psychologie conventionnelle dès qu'il quitte son meilleur domaine : la recherche policière, où il se montre un extraordinaire pionnier, précurseur de tous les romans détectives; ceux de Conan Doyle ne sont que piquette auprès des siens." André Gide - Journal 4 mars 1943 (tirée de cette bibliographie de Gaboriau)

Je pense qu'il ne s'en fallait pas de beaucoup pour que Monsieur Lecoq devienne aussi célèbre que son successeur londonien: les personnages, le style et l'environnement sont parfaits, il aurait juste fallu plus d'histoires, plus courtes, plus variées.

dimanche, juin 15, 2014

The ascent of the Rum-Doodle

The Ascent of Rum Doddle, écrit par W. E. Bowman et paru en 1956, est à la montagne ce que 3 hommes dans un bateau est à la navigation. C'est un pastiche des récits de montagne de l'époque, qui relate l'épopée d'un groupe de montagnards à l'assaut du Rum Doodle, la "Reine des neiges", qui culmine à 40000 1/2 pieds.

Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant ri. Ce n'est pas un bouquin bien long, et c'était fini en 3 aller-retours vers le boulot. Diverses bêtises avec des radios, des bouteilles de Champagne, des crevasses, des porteurs, le cuistot... C'est à lire absolument pour tous les fans de montagne, et pour tous les fans de littérature humoristique. Et l'intersection de ces deux milieux est large :)

The Ascent of the Rum Doodle, written by W. E. Bowman and published in 1956, is to mountaineering what 3 men in a boat is to boating. It's a pastiche of the climbing epics of the time, describing the adventures of a group of climbers to go on top of the Rum Doodle, the "Queen of the Snows", culminating at 40000 1/2 feet.

It's been a long time I had not laughed so much. It's not a very big book, and I got over it in 3 return trips to work. Various mishaps with radios, bottles of Champagne, crevasses, porters, the cook... It's a must read for all mountain fans, and for all humour literature fans. And the intersection of these two groups is large :)

dimanche, juin 08, 2014

Émile Gaboriau

Je découvre un autre auteur de deuxième moitié de XIXème siècle, mon époque favorite. Il s'agit d'Émile Gaboriau, auteur de romans policiers. Un petit air de Maupassant pour le portrait doux-amer d'une époque où l'on se déplaçait en fiacre, où l'on était jugé sur son nombre de milliers de livres de rentes, et où on allait au théâtre pour se montrer avec sa dernière maîtresse. Et un gros air de Conan Doyle avec deux détectives, le père Tirauclair, et l'agent de la sûreté Lecoq, inspiré de François Vidocq. Ces deux détectives récoltent les indices et tirent de long raisonnements pour expliquer le crime, façon Sherlock Holmes ou Arsène Lupin.

Sauf que l'inspiration va dans l'autre sens: Émile Gaboriau, lui-même inspiré du personnage d'Auguste Dupin de Poe, a fortement influencé Connan Doyle, avant d'être complètement dépassé par la popularité du célèbre détective britannique.

Il est intéressant de noter que Gaboriau prend une approche très réaliste de l'enquête policière: l'on retrouve juges d'instructions, procureurs, et agents de la sûreté, associés pour faire éclater la vérité, mais avec pourtant une certaine dose de compétition. Il s'agit non seulement de trouver le coupable, mais également d'apporter suffisamment de preuves pour avoir une chance de le faire condamner par le jury. Et quand le juge d'instruction part bille en tête sur une idée fausse, l'agent de la sûreté ne peut s'empêcher de prendre un malin plaisir à lui démontrer son erreur.

Au final, ça se lit très bien, le style est agréable, et les enquêtes sont pleines de rebondissements. Contrairement à ce à quoi l'on pourrait s'attendre de ces toutes premières histoires de détectives, les histoires étonnent encore. Bien joué, Émile!

Commencez par L'Affaire Lerouge, et continuez avec Le Crime d'Orcival.

lundi, mai 26, 2014

Gâteau de semoule

Quel gâteau d'anniversaire quand on a deux ans? J'ai opté pour le gâteau de semoule, dessert réputé inratable, mais qui recèle quelques subtilités.

Tout d'abord, quelle proportion de semoule et de sucre? Pour 1L de lait, j'allais de 200/100 (200g de semoule et 100g de sucre) dans ma folle jeunesse, à un beaucoup plus sage 120/60 ces jours ci. Le fait est qu'il est possible de réduire fortement la quantité de sucre tout en gardant bon goût. Il m'a fallu descendre à 30g de sucre avant que cela n'affecte vraiment le goût, ce que j'ai corrigé avec force confiture. Mais pour la version gâteau, c'est à dire avec des oeufs puis cuite au four, j'ai eu l'impression qu'il fallait mettre un peu plus de semoule pour que l'ensemble se tienne, et j'optais donc pour un 160/55.

Je me suis également essayé à ajouter une gousse de vanille: coupée en 2, les grains extraits à la lame de couteau, et l'ensemble (les grains et la gousse) jetés dans le lait. Les grains avaient tendance à s'agglomérer en petits paquets, mais une fois la semoule ajoutée et le mélange épaissi, les grains se séparent et l'aspect devient homogène (je vous ai mis des photos bien grandes pour pouvoir les voir).

Enfin, l'ajout des œufs est un peu technique également: il faut s'assurer qu'ils ne cuisent pas avant d'avoir été complètement incorporés au mélange. Je laisse la semoule refroidir un peu, je bas les oeufs en omelette, et je les ajoute en remuant très vivement. C'est passé.

La recette:

Dans une casserole, mettre 1L de lait à bouillir avec 55g de sucre, les grains de vanille et la gousse. Lorsque le lait bout, enlever la gousse, et ajouter 160g de semoule en pluie en remuant bien. Faire cuire environ 5mn en continuant à fouetter le mélange. Retirer du feu. Battre 3 œufs en omelette, les ajouter à la semoule en fouettant vivement. Mettre la semoule dans un moule à cake, faire cuire à 200°C pendant 25 minutes. Servir chaud ou froid.

Which birthday cake for a 2 years old? I went for the semolina cake, a dessert that's known to be hard to get wrong, but that has still a few subtle points.

First, what proportions of semolina and sugar? For 1L of milk, I used to go from 200/100 (200g of semolina for 100g of sugar) in my crazy youth, to a much more reasonable 120/60 these days. The fact is that it is possible to reduce significantly the quantity of sugar while keeping a very nice taste. I had to go down to 30g of sugar to get it to affect the taste, which I corrected with large quantities of jam. But to make the cake version of the semolina, that is, with eggs and baked in the oven, I got the feeling that more semolina was required, to make it hold together. So I went for a 160/55.

I also tried adding a vanilla pod: cut in 2, seeds extracted with the tip of the knife, and the whole (seeds and pod) thrown in the milk. The seeds had the tendency to keep together, but once the semolina was added at the mix thickened, the seeds got properly separated for an homogeneous look (I posted large pictures so that they are visible).

Finally, adding the eggs requires a bit of care: one needs to ensure that they do not cook before they are fully mixed with the semolina. I let the semolina cool down a bit, beat my eggs in an omelette, and I add them by whipping quickly. It went through fine.

The recipe:

In a saucepan, bring 1L of milk to the boil with 55g of sugar and the vanilla seeds and pod. When the milk is boiling, remove the pod, add 160g of semolina slowly (one can even pass it through a sieve to ensure it does not make lumps). Cook for 5 minutes while whipping. Bring off the fire. Beat 3 eggs, add to the semolina while whipping strongly. Pour in a cake tin, bake for 25 minutes at 200°C. Serve warm or cold.

jeudi, mai 22, 2014

Un chausson aux pommes

Voici mon chausson aux pommes, taille familiale. Tout d'abord, j'ai préparé une compote en faisant cuire 1 kg de pommes. Le bon truc, apparemment, c'est de faire cuire les pommes sans ajouter d'eau du tout. Cela veut dire qu'il faut garder un œil dessus pour ne pas que ça attache, mais cela donne une compote très sèche, ce qui permet de ne pas détremper la pâte.

Pour la pâte feuilletée, c'est du tout prêt, je ne me sens pas encore assez téméraire pour me la faire moi même. J'ai trouvé une marque qui fait du pur beurre, sans trop de cochonneries ajoutées. J'étale la pâte sur du papier sulfurisé, je mets la compote au milieu, je roule, je mets dans un plat en terre, je badigeonne de jaune d’œuf, et zou, au four 40 minutes à 170°C. Le résultat, c'est que ça pourrait être plus cuit... Le dessus est bien, mais le dessous, et surtout les côtés, là où l'on a replié la pâte, sont un poil lourdingues. C'est tout de même rudement bon, et l'on retrouve les sensations du chausson aux pommes du boulanger.

Je note cependant que le chausson, une fois roulé, se tient très bien. Cela veut dire que la prochaine fois, je peux mettre sans crainte le papier sulfurisé directement sur la grille, et éviter le plat. En mettant mon four en mode cuisson en haut et en bas, j'espère obtenir une meilleure cuisson du dessous et des bords.

La température pourrait sûrement être relevée à 210°C, comme j'ai vu proposé dans certaines recettes.

Bref, une seconde tentative s'impose!

Here is my apple turnover, family size. First, I prepared my compote by cooking 1 kg of apples. The trick, apparently, is to cook the apples without any added water. It means that you have to keep a close eye to the preparation to avoid burning it, but the resulting compote is very dry, which does not soak the pastry.

For the puff pastry, I went for ready-made, I don't feel bold enough to try to make it myself. I found a brand that makes a butter only one, without too many added nasties. I roll the dough on baking paper, I add the compote in the middle, I roll it, put it in a ceramic dish, paint it with egg yolk, and voilà, in the oven for 40 minutes at 170°C. The result is that it could be more thoroughly cooked... The top is nice, but the bottom, and the sides where the dough is folded over itself, is still very wet and quite heavy to eat. Still, it's really tasty, and I retrieve some of the feelings of the apple turnover I'd get in a French bakery.

It's interesting to note that once it's rolled, the turnover keeps together pretty well. It means that I could put it directly on the grid in the baking paper, and do without the ceramic dish. Putting my oven in the mode where it warms from top and bottom, this should ensure a more even cooking process for the bottom and the sides

Temperature could also probably be increased to 210°C, as I saw in certain recipes.

All in all, a second try seems necessary!

samedi, mai 03, 2014

The Timeless, démo en 64K

Il y a une bonne décennie, je faisais parfois tourner ces démos hallucinantes qui tenaient dans un exécutable minuscule. Les techniques de génération procédurale sont utilisées pour afficher les images de synthèse et jouer la musique, le tout en temps réel. La limite de taille de ces exécutables était souvent 64K, pour coller avec la taille de mémoire disponible sur un Commodore 64, une des machines phare de la démo-scène.

Certaines équipes de fondus s'éclatent toujours autant de nos jours à générer ce type de programmes. Les règles ont un petit peu changé, cependant: les cartes vidéos sont des monstres, débarquant souvent avec des drivers de plusieurs mégaoctets. Les démo-makers utilisent donc les drivers et les bibliothèques du système, mais rien de plus. Voici donc la vidéo générée à partir de la démo "The Timeless", dernière création de l'équipe Mercury (pour faire tourner l'exécutable, il faut à la fois Windows et une carte NVidia récente. Pas pour moi, donc!). Dommage que la vidéo ait été prise avec une résolution aussi basse.

samedi, mars 29, 2014

Le tube de toilette

Le "Tube de toilette" de Bobby Lapointe, avec en intro Bobby parlant de la notation en nombres binaires à un voisin de table. Rappelons que Bobby Lapointe avait la passion des maths et avait travaillé sur les représentations binaire et hexadécimale.

Ma réplique préférée: "Il font rire les gosses, mes tics!" - "Les cosmétiques!"

dimanche, mars 16, 2014

Cuisine

Ayant reçu il y a quelques temps un bouquin de recettes traditionnelles, je m'en suis essayé quelques unes ce soir.

Tout d'abord, poireaux vinaigrette. Complètement ratés: ayant oublié que j'étais à court de vinaigre, j'y a collé du vinaigre de riz, et ce n'est pas top. De plus, j'ai eu la main un peu lourde sur l'échalote. De toutes façons, le poireau, c'est rarement à tomber par terre, ou alors il faut mettre beaucoup de crème fraiche.

Ensuite, filet mignon en croute. Dans une pâte feuilletée (que j'ai achetée, je ne me sens pas encore de la faire moi même, mais je m'y mettrai un de ces quatre), l'on met une couche d'oignons, puis le filet mignon de porc, puis de la moutarde, puis de la pancetta, puis du reblochon, et on essaie de fermer comme on peut. Que des bonnes choses, donc!

Les oignons plein de graisse au fond de la pâte, ça détrempe la pâte et la casse très rapidement. D'avoir oublié de mettre la pâte dans le plat avant d'y coller tout le bazar n'a probablement pas aidé, mais mon filet mignon s'est répandu dans le plat. C'était tout à fait délicieux, ceci dit, avec une petite salade de cresson de fontaine (que Wikipedia me dit que ça s'appelle comme ça).

En dessert, de bonnes vieilles bananes flambées. Fidèle à moi même, j'ai eu la main un peu lourde sur l'alcool, et causé une belle flamme, mais les bananes étaient tout à fait sympathiques, quand bien même elles auraient bénéficié de quelques jours de plus pour mûrir.

vendredi, mars 07, 2014

Reboot cérébral

Il m'est arrivé quelque chose de traumatisant, en Septembre dernier. J'ai attrapé le hoquet.

Enfin, ce ne fut pas d'attraper le hoquet qui fut traumatisant, mais plutôt de s'en débarrasser.

Cette cochonnerie m'a poursuivi pendant 2 semaines, me réveillant parfois la nuit. Je suis donc allé chez la toubibesse, laquelle a convenu qu'il fallait faire quelque chose, et m'a prescrit des médocs. Je me précipite chez le pharmacien du coin, ah non, il va falloir passer commande. Peuh, pensé-je en me précipitant à la méga-pharmacie à côté de mon boulot. Ah bah non, commande aussi. Encore deux jours à hoqueter, et je mets enfin la main sur les pilules.

Ça aurait dû me mettre la puce à l'oreille: la pharmacienne, au moment de me donner mes médocs, me recommande leur service d'alerte par SMS de livraison des médocs pour les prescriptions qui se répètent. Je me rengorge: "Je ne suis pas malade si souvent!". Mhh!

Arrivé au boulot, avant d'avaler la première pilule, je lis quand même la notice pour savoir ce que l'on me donne. Et là, surprise: c'est un médicament recommandé contre la schizophrénie, ou encore l'hyperactivité de l'enfant! Je me dis que quelqu'un a dû se tromper, et je re-vérifie. En effet, le site Web de la NHS confirme, en plus de son utilisation dans la psychiatrie lourde, il est recommandé dans les cas de hoquets. Ainsi soit-il, me dis-je, en avalant l'inoffensive petite pilule.

Au bout de 2 heures, je me suis retrouvé dans l'incapacité de travailler. D'abord, une sensation de fatigue, puis des difficultés à se concentrer, puis, une seule idée en tête, m'étendre et dormir. Je me traîne à l'infirmerie et passe 15 minutes réparatrices sur un matelas. De retour à mon bureau, je me rends vite compte que je ne serai pas en état de finir la journée.

Je me traîne chez moi. Rarement le chemin du retour m'a semblé si long. Mes pas sont lourds, j'ai l'impression que je vais m'écrouler à terre. Je tente d'évaluer la distance qui sépare la station de métro de mon lit, et compte les mètres 1 à 1. Enfin, j'arrive au plumard, je m'y jette, et je dors jusqu'au soir.

J'émerge quelques heures dans la soirée. Je me décide à reprendre une pilule, la notice expliquant que les effets secondaires sont particulièrement présents au début mais s'estompent avec le temps.

Le lendemain matin, je reprends une pilule, et m'habille pour aller au boulot. Et au moment de partir, je sens que ça ne va pas le faire. Je me sens incapable de réfléchir, ou même de marcher, et je veux juste retourner au lit. J'y passerai la journée.

C'est une sensation des plus bizarres. Nulle position ne me semble confortable, je me tourne et me retourne, je me lève pour aller jusqu'au canapé, et à peine arrivé, je jeux juste retourner au lit. Parfois, j'arrive à dormir un petit peu. Puis je me réveille. Impossible de se concentrer, de faire quoi que ce soit. Je me demande si les effets sont définitifs, et si je pourrai avoir une pension pour cause d'invalidité, si je ne retrouve jamais mes facultés. J'en pleurerait de rage. Je ne reprends pas de pilule.

Le soir, enfin, je commence à me sentir un peu mieux. J'arrive à avaler quelque chose, et à m'occuper un peu de la baraque. Je ne fais pas long feu, à 10 heures je suis de retour au plumard, et je dors comme une masse toute la nuit.

Enfin, c'est la sortie du tunnel. Il me faudra encore 2 jours avant d'être pleinement opérationnel: quelques tremblements, et encore un peu de fatigue.

Maintenant, je comprends mieux le terrible choix des personnes atteintes de schizophrénie: pour arrêter de délirer, il faut devenir une loque humaine. Ce médicament m'a fait sentir à quel point mes facultés mentales étaient fragiles, et m'a donné un terrible aperçu de ce que pourrait être une maladie mentale ou un affaiblissement de l'intelligence dû à l'âge. Il m'est plus doux maintenant, le plaisir de lire, d'étudier un problème complexe, ou simplement d'avoir une conversation intéressante avec quelqu'un.

Mais au moins, mon hoquet est guéri.

jeudi, janvier 30, 2014

Joyeuse année du cheval!

Eh oui, c'est l'année du canasson! Alors, reposez-vous bien!

dimanche, décembre 29, 2013

C'est fou ce qu'on retrouve sur Internet

Tenez par exemple. Je savais avoir un ancêtre, Achille Fauque, ayant été chef faisandier au jardin des plantes à Paris, à la fin du XIXème siècle. Il circule même une légende familiale comme quoi Jules Vernes venait régulièrement lui rendre visite pour lui demander des tuyaux sur les oiseaux exotiques que l'auteur voulait utiliser dans ses histoires. Dès que je peux remettre la main dessus, je scannerai sa photo, car il a de bien belles bacchantes. Eh bien, archive.org contient le "Bulletin de la Société d'acclimatation de France", lequel indique:

M. Achille Fauque, faisandier chef au Jardin zoologique 
d'Acclimatation, se fait remarquer par sa connaissance parfaite 
des oiseaux et par les soins éclairés qu'il leur prodigue. 
La Société décerne à M. Fauque une prime de 200 francs.

Je me demande dans quoi il a dépensé sa prime.

mercredi, septembre 04, 2013

La pensée du jour

Un avare sourd, c'est un vrai dur de larfeuille.

dimanche, août 11, 2013

Courir plus pour manger plus

Mes côtes sont douloureuses, conséquence de mon petit jogging de ce soir (oui, chez moi, c'est les côtes qui font mal en premier, les mollets suivront demain). Un des attraits du jogging, à mon sens, est d'améliorer grandement le plaisir de manger. Ce soir, par exemple, les œufs de cent ans m'ont paru tout à fait divins. D'habitude, j'aime bien les œufs de cent ans, mais là, il y avait quelque chose en plus, une explosion de saveurs inhabituelle, un truc à vraiment se relever la nuit pour en manger.

La première fois que je me suis vraiment rendu compte de ce phénomène, c'était lors d'une ballade entre Hyde Park et Weybridge (environ 25km) avec une autre superstar de la toile (que ça fait longtemps que tu n'as pas posté, d'ailleurs!). En milieu d'après-midi, après 6 ou 7 bonnes heures de marche dans le froid, l'on sort quelques abricots secs. Ma doué! C'était de bêtes abricots de chez M&S, mais si les neuf muses étaient descendues exprès de l'Olympe pour m'apporter du nectar et de l'ambroisie, que j'aurais continué à m'envoyer mes abricots.

Allez hop, quelques kilomètres pour réveiller vos papilles engourdies!

dimanche, août 04, 2013

Les singes de Bali

Laissez-moi vous conter une petite histoire qui nous est arrivée lors de l'été 1996 ou 1997. Nous visitions un temple à Bali, la magnifique île indonésienne. Quand je dis temple, c'est plutôt une grande aire semi-sauvage le long de la mer, avec des petits chemins de pierre et quelques ruines. Et des singes. Plein de singes!

Des panonceaux indiquent un peu partout de faire attention à nos affaires, car ces primates sont chapardeurs. Nous rangeons donc tout ce qui brille ou qui se mange, fermons bien nos poches, et admirons l'endroit.

C'est alors qu'un singe qui nous suivait depuis un petit moment bondit sur les épaules de mon père. Flottement. Il s'y installe confortablement, nous regarde, et tout d'un coup, chipe les lunettes de mon père et bondit en haut d'un arbre, poursuivi (du moins jusqu'au bas de l'arbre) par mon paternel et quelques injures fleuries et bien senties, qui laissèrent le singe de marbre (peut-être que des insultes en balinais auraient mieux fonctionné, quoi que je ne doute pas que les singes en zone touristique soient polyglottes).

Un gardien se précipite, et jette au singe des fruits enrobés de film plastique, histoire de lui occuper les mains. Au bout du troisième fruit, le singe consent à rendre les lunettes, qu'il lâche depuis son perchoir.

Moralité? Le gardien a eu un généreux pourboire. Le singe a eu quelques friandises. Et le touriste, une belle histoire dont il se souvient encore 15 ans après. Tout le monde est content!

mercredi, juillet 31, 2013

Le mystère du télémètre

En avez-vous déjà vu? Moi, c'est pratiquement tous les matins, sur le chemin du boulot. Deux ouvriers (en l'occurrence, travaillant sur le chantier de CrossRail, la nouvelle ligne de train qui traverse Londres d'Est en Ouest), munis l'un d'un télémètre, l'autre d'une grande tige graduée, qui s'installent apparemment complètement au pif, et qui mesurent longuement. Le type au télémètre regarde dans son appareil, appuie sur quelques boutons, regarde de nouveau, fait quelques pas, retourne au télémètre. L'autre tient sa tige pas particulièrement droite (non, pas celle là, bande de petits canailloux!), reste 10 minutes planté là en regardant ailleurs, puis va se poster à un autre endroit encore plus aléatoire que le précédent.

Mais que font-ils? Comment un tel manège peut avoir une utilité? Est-ce qu'ils mesurent l'élévation du trottoir? Mais dans ce cas, à partir de quel point de repère? Et pour quoi faire? Ou peut-être est-ce une punition? Ceux qui ont mal bossé la veille sont envoyés faire les clowns dans la rue avec le télémètre?

Je suis preneur de toute explication.

mardi, juillet 23, 2013

Mini ananas

Vu au jardin botanique de Kew Gardens, cet ananas minuscule pas plus grand qu'une main. Résultat, le soir même, on s'achetait son grand frère pour le dévorer au dessert.

Seen in Kew Gardens, this tiny pineapple no bigger than a hand. So, that same evening, we bought its big brother and devoured it for dessert.

mercredi, juillet 10, 2013

Défense et réhabilitation de Milady

Voici un extrait de l'article de Wikipedia sur Milady de Winter, personnage clé du roman Les Trois Mousquetaires, que j'ai trouvé tout à fait intéressant. Ce texte a été retiré car il a été considéré, à mon avis avec raison, qu'il n'avait pas sa place sur Wikipedia, ce qui n'est pas une raison pour le laisser tomber dans l'oubli.

Milady innocente

On pourrait s'étonner que dans le simulacre de procès, une telle place soit accordée sans recul aux accusations du bourreau. Bourreau dont on peut douter de l'impartialité et de la probité, puisque, on le verra plus tard, il se fait payer, dans un premier temps, pour exécuter quelqu'un sans autorisation de justice. Cela semble d'ailleurs être sa spécialité.

L'affaire de Templemars

Qu'en est-il exactement ? Milady, qui aurait prononcé des vœux, dont on ignore s'ils sont volontaires ou pas, s'échappe du couvent des bénédictines de Templemar, avec le prêtre.

Il ne semble pas que ses accusateurs lui aient reconnu le simple droit de rompre ses vœux. Après tout, l'édit de Nantes en vigueur à l'époque permettait déjà de changer de religion. Et pourquoi la juger plus sévèrement qu'Aramis ?

Seulement voilà, il y a vol des vases sacrés.

L'accusation de complicité entre la jeune fille et le prêtre ne vient que du bourreau, frère du prêtre. Voyant que seul son frère est condamné, il décide de flétrir lui-même la jeune fille. Jeune fille qui, soit dit en passant, aurait été condamnée par la justice si elle avait été reconnue coupable !

S'appuyant sur la souffrance qu'il a éprouvé à flétrir lui-même son frère, il réussit à se poser en victime, ajoutant au passage, une accusation de séduction du prêtre et du fils du geôlier.

A-t-elle séduit le prêtre ?

On pourrait s'étonner qu'à notre époque, peu de personnes évoquent l'âge de Milady quand elle a été flétrie. Il semble, d'après les révélations du bourreau et d'Athos, qu'elle ait eu à peine 14 ans au moment des faits.

Lorsqu'il se confie, Athos parle d'une jeune fille d'environ 16 ans, et lors de la mascarade du procès, le bourreau se pose en victime. Il a fait 2 ans de prison parce que son frère s'est évadé. Le bourreau a été libéré quand le prêtre est revenu, après le mariage de Milady (alors Anne de Breuil) avec le comte de La Fère.

Les explications sur cette époque sont très succinctes2. Néanmoins elles portent à croire que la jeune fille avait au plus 14 ans.

Cela soulève d'autres questions importantes : à quel âge aurait-elle prononcé des vœux perpétuels ? Dans quelle mesure est-elle responsable de ses vœux ? Et surtout est-elle responsable d'avoir séduit un prêtre très probablement plus âgé qu'elle ? Ne serait-ce pas plutôt l'inverse ? Milady jeune fille ne serait-elle pas victime d'un détournement de mineure ?

Coupable d'être bigame

On pourrait regretter l'absence d'un minimum de droit déjà en vigueur à l'époque. Les Anglais avaient le droit de divorcer. Or, un doute plane sur la nationalité de Milady. Dans La Jeunesse des Mousquetaires, elle se présente comme la fille d'un gentilhomme gallois, époux d'une Française Anne de Bueil (ou de Breuil). On notera que son mariage avec Lord de Winter durera deux ans. (Jeunesse des Mousquetaires, acte III, 9e tableau,scène III).

Mais deux autres éléments, et non des moindres, la rendent innocente du délit et lui accordent des circonstances atténuantes. D'abord Athos fait tout pour se faire passer pour mort. En témoigne le duel avec l'anglais, qu'il tue parce qu'il voulait connaître son véritable nom. Athos dira lui-même « On me croit mort ! »

Ensuite, quel avenir pourrait-on donner à une jeune femme de 16 ans, victime d'une tentative d'assassinat de la part de son mari, qui prétendait l'aimer ? Au passage, on peut noter qu'Athos, qui se pose en juge, oublie particulièrement de raconter son crime, et encore moins de dire haut et fort à tous, qu'il est ce fameux premier mari !

Changement d'identité

.....quid d'Alexandre Dumas qui l'appelle Charlotte Backson dans La Jeunesse des Mousquetaires, Anne de Breuil dans Les Trois Mousquetaires et Anne de Bueil dans 20 ans après ?

Anne de Breuil est le nom de sa mère. Ce n'est pas si grave que ça de relever un nom de famille....

Accusée d'être une débauchée

L'accusation est émise dans 20 ans après par son beau-frère, Lord de Winter. Personnage dont on parle peu, mais qui relève d'une certaine perversité.

Certes, Milady ne brille pas par la vertu ! Mais que voudrait-on exiger d'elle ? Une fidélité absolue au Comte de La Fère, dont elle garde la bague pendant une dizaine d'année... Ces accusateurs donnent-ils eux-mêmes l'exemple ? Au contraire, non seulement ils ont une moralité douteuse, mais de plus, un jugement très partial dans ce domaine. Pourquoi ? Le roman évoque la duchesse de Chevreuse, présentée comme une grande dame très respectable. Or, de notoriété publique la duchesse de Chevreuse avait de nombreux amants. Ne va-t-elle pas d'ailleurs séduire Athos, déguisé en prêtre.... et devenir ainsi la mère du vicomte de Bragelonne ? Pour abandonner l'enfant....

Pourquoi donc juger Milady plus sévèrement que la duchesse de Chevreuse ?

Avoir fait tuer Buckingham

Sur ordre discret de Richelieu, comme on le voit dans l'entretien du Colombier Rouge... quant à nos mousquetaires qui font tomber la couverture d'une espionne en période de guerre « ils mériteraient la cour martiale », comme le dira son Éminence à la fin du roman.

Trois meurtres

On pourrait objecter, dans un esprit féministe, que les armes des hommes ne sont pas celles des femmes, et que les duels des trois mousquetaires n'ont pas de motif valable de donner la mort, à part l'honneur et l'orgueil.... Nous sommes donc en présence de donneurs de leçon qui oublient de regarder la poutre qu'ils ont dans l'œil.

Le meurtre du second mari pourrait s'expliquer dans une logique de survie après ce que Milady a vécu avec le comte de La Fère. Il en va de même de l'affaire Brisemont, en réalité tournée contre d'Artagnan.

Des circonstances atténuantes, donc. Reste le meurtre de Constance. Meurtre « idiot », aussi bien dans la manière puisqu'il y a des témoins au bout du couloir, que dans le mobile. Pourquoi ? D'ailleurs, dans La Jeunesse des Mousquetaires, Milady regrette son geste.

Milady et l'amour

En dépit de sa froideur professionnelle, Milady agit aussi par sentiment : il est probable qu’elle a rencontré de Wardes blessé à Boulogne et qu’il lui a plu (d’Artagnan lui-même s’était attendri un instant en considérant ce beau jeune homme blessé qu’il abandonnait dans un bois en dehors de Boulogne) ; et, comme une vraie lionne qu’elle est, elle fait les premiers pas et lui envoie une lettre sans équivoque. Elle reçoit celui qu’elle croit être de Wardes puis celui qu’elle sait être d’Artagnan au vu et au su de tout le monde ; seule la question de la fleur de lys oblige à quelques précautions... Après tout, elle est riche, veuve et libre. Démasquée par d’Artagnan, elle prend bravement la direction des opérations : sans doute ne parvient-elle pas à le tuer elle-même mais elle engage des bravi, lui envoie de son fameux vin d’Anjou et profite de l’énormité du service exigé par Richelieu pour demander sa tête. L’espionne est aussi une femme amoureuse et qui a de bonnes raisons d’être jalouse.

Milady victime

On pourrait ainsi proposer une lecture féministe des Trois Mousquetaires qui inverserait les rôles : Milady serait une attendrissante victime et ses ennemis d’abominables canailles. L’idée est soufflée par une fortune littéraire, peu connue en France, de son modèle la comtesse de Carlisle : cette authentique intrigante figurerait[réf. nécessaire] dans l'œuvre de Robert Browning (Strafford, a Tragedy, 1835) un personnage héroïque qui essaye en vain — toujours la fatalité historique — de sauver le comte de Strafford[réf. nécessaire]. Expédions d’abord l’affaire du couvent de Templemar : il est évident qu’on a enfermé chez les bénédictines pour des raisons de famille une pauvre enfant aussi dépourvue de vocation religieuse que la Suzanne Simonin de Diderot. Il est impossible, avons-nous dit, quand on a prononcé ses vœux, de quitter légalement la clôture ; il faut bien trouver un protecteur et le seul homme qu’on ait l’occasion de rencontrer est évidemment un prêtre. Il ne va pas aider gratuitement la jeune religieuse. Mais est-ce la faute de l’homme, ou de la malheureuse enfant ? La vengeance qu’en tire le bourreau de Lille est privée et infâme. Après quoi il faut bien vivre et, si le prêtre doit exercer sa profession, sa maîtresse n’a guère d’autre choix que de se faire passer pour sa sœur et de chercher un bon établissement ; l’occasion se présente en la personne du comte de La Fère qui l’épouse comme un galant homme qu’il est. Devenue comtesse et parée des joyaux de famille qui lui reviennent de droit elle fait, au dire même d’Athos, une comtesse plus qu’acceptable, tenant admirablement son rang. Le funeste accident de chasse qui occasionne la découverte de la fleur de lys n’est pas à l’honneur d’Athos : il argue de droits féodaux parfaitement barbares pour pendre sa femme à l’arbre le plus proche, et il dissimule hypocritement son acte. « Ciel ! Athos ! un meurtre ! » s'écrie d'Artagnan, l'apprenant finalement. Et Athos d'acquiescer « Oui, un meurtre, pas davantage. »

La comtesse de La Fère ressuscitée d’une façon ou d’une autre n’a plus qu’à gagner le large. Elle trouve refuge en Angleterre. Elle choisit un autre grand seigneur benêt et honnête homme à qui elle donne un enfant, à moins qu’elle n’ait arrangé ce mariage que pour donner un père au fils d’Athos, ce qui aurait le piquant de faire de ce vertueux personnage l’assassin de sa femme et de son fils. Le comte de Winter meurt subitement et manifestement empoisonné. Milady accuse son beau-frère dans son récit à Felton. Et si elle disait vrai ? Lord de Winter l’accuse quand les mousquetaires la jugent, mais est-il vraisemblable qu’il eût gardé des relations cordiales avec sa belle-sœur, amenant des amis chez elle, place Royale, buvant son vin d’Espagne, s’il la prenait pour une empoisonneuse ? On pourrait penser qu'elle a été vraiment violée par Buckingham, car même si le narrateur extérieur en parle comme « des accusations infâmes et imaginaires de Lady de Winter », le duc anglais est décrit par les chroniques du temps comme un habitué de la méthode à la hussarde. Tallemant des Réaux par exemple raconte la rencontre de Buckingham et d'Anne d'Autriche dans les jardins d'Amiens en termes crus : « Buckingham tint la Reine toute seule dans un jardin ; au moins il n'y avait qu'une Madame du Vernet, sœur de M. de Luynes, dame d'atours de la reine, mais elle était d'intelligence et s'était assez éloignée. Le galant culbuta la reine et lui écorcha les cuisses avec ses chausses en broderies... »

L’attitude de d’Artagnan est également inqualifiable : il lit un billet dont il sait pertinemment qu’il ne lui est pas destiné, passe la nuit avec Milady en se faisant passer pour le comte de Wardes, lui envoie une lettre ignoble au nom de ce gentilhomme ; couche encore avec Milady, cette fois en son nom propre parce qu’elle a l’imprudence de payer d’avance à d’Artagnan le service qu’elle attend de lui, c’est-à-dire le meurtre de de Wardes. Ajoutons que pendant ce temps, le mousquetaire séduit la soubrette, pour laquelle tout lecteur de Dumas a toujours un faible, parce qu’elle est une autre victime des soi-disant gentilshommes du temps.

L’épilogue du roman constitue un condensé de violence et d’hypocrisie masculines : pour dissimuler ce corps martyrisé par l’emprisonnement, le viol, le fer rouge, les tromperies des roués, ils sont six hommes armés à le décapiter, à l’enfermer dans un sac, à le jeter dans la Lys, en s’abritant derrière la « Justice de Dieu. » Et ce n’est pas fini : on s'acharnera encore sur le fils de la victime. Le sort de Mordaunt reproduit celui de sa mère ; élevé par des domestiques dans le luxe d’une demeure aristocratique anglaise (car il est peu probable que sa mère l’ait emmené sur le continent), il a été dépouillé de ses titres, ce qui est admissible étant donné sa naissance ; ce qui l’est moins est l’abandon total où il a été jeté par sa famille anglaise ; Lord de Winter aurait pu assurer de façon décente l’avenir de celui qu’il croyait sans doute le fils naturel de son frère aîné.

On pourrait aussi soutenir que beaucoup de ces actions qualifiées de crimes par les mousquetaires ne relèvent que de son travail d'espion, comme leur travail de mousquetaires. Elle est loyale à son employeur, le Cardinal (lui moins envers elle...). Peut-on dire que, par exemple, essayer de faire en sorte que la liaison secrète de la reine de France avec le premier ministre de l'Angleterre soit découvert, soit nécessairement plus criminelle que d'essayer de faire que cette liaison reste cachée au roi français ? Également, en temps de guerre avec l'Angleterre, quand le duc de Buckingham s'apprête à mener une flotte contre les français, ne peut-on dire qu'une espionne française envoyée pour faire assassiner le duc, ne fait que son devoir ? De surcroît elle fait bien son travail, elle est courageuse et ingénieuse, est une sorte de James Bond au féminin, peut-être avec quelques scrupules de moins… Elle n'était pas coupable d'être allée en Angleterre pour tuer son beau-frère comme l'on a prétendu — ceci n'était pas son but. Si elle a parfois abusé d'autres personnes, et parfois tué sans beaucoup s'en soucier, l'on pourrait dire la même chose pour les mousquetaires, toujours prêts à tuer les inconnus dans des duels pour quelque prétendue offense à leur honneur etc. Elle est une femme forte et indépendante à une époque où les femmes étaient souvent dominées par les hommes.

dimanche, juillet 07, 2013

Wimbledon

Et voilà, après 77 ans, un britannique obtient enfin la victoire à Wimbledon. Andy Murray l'a bien mérité, il a été vraiment bon, courant après les balles les plus désespérées, physiquement et mentalement plus fort. Cependant, je ne peux m'empêcher d'être un petit peu déçu.

En effet, tous les ans, c'est une douce joie de contempler les espoirs déçus des supporters. Cette année, c'est la bonne! Et puis non. Tout le monde se monte la tête, et au final la déception n'en est que plus forte. C'était donc un plaisir simple et naturel que regarder l'optimisme réduit à néant des fans, et le nombre d'années sans victoire augmenter inexorablement, qui me sera aujourd'hui interdit. Les 7 auront porté chance à Murray.

Le rhume des foins, c'est spore...

Murf, on m'a remplacé le pif par une fontaine. C'est uniquement l'amour de la nature qui m'empêche de maudire (et accessoirement de passer au lance flammes) ces pollens et autres spores qui me pourrissent la vie. Enfin, ce n'est pas une raison pour bouder l'été britannique qui vient enfin de s'installer.

lundi, juin 24, 2013

Je soigne mon langage

Je crois que mon niveau de vulgarité a atteint un pic en fin d'adolescence. Puis, petite stagnation, avec un transfert des grossièretés vers la langue d'Elizabeth II. Puis, la paternité faisant son effet, je me surprends à faire de plus en plus attention, et à remplacer les exclamations du type "c'est chiant" par un bien plus raisonnable "c'est gonflant". Je me permet cependant de rajouter "Sainte Honorine" lorsque je suis d'humeur facétieuse.